LE WEB MAGAZINE DES GRANDES PERSONNES
1MÊTRE90 > tall people > interviews > Jodie Cornélie Sigmundová ![]()
interview - portrait
Publiée le 01 janvier 2026
© UFAB 49
Jodie Cornélie Sigmundová est une basketteuse internationale professionnelle française, évoluant aussi bien en 5x5 au poste d’intérieure, qu'au 3x3.
C'est un parcours riche et atypique que celui de la pétillante Jodie : des médailles européennes et mondiales avec les différentes Équipes de France 5x5 & 3x3, une expérience de quatre ans à l'Université de Dayton où elle a obtenu un bachelor d'ingénieur en chimie avant de revenir en france pour embrasser sa carrière pro en Ligue Féminine de Basket.
Pour 1MÊTRE90, Jodie a accepté de se confier sur son parcours, au travers du vécu de sa grande taille : 1m93.
Retour sur son enfance d'une tête de plus, sa passion pour le basket où, dès son plus jeune âge, elle a considéré sa taille comme le plus valorisant des atouts.
Confidences également sur ses futurs challenges dont la reconversion qu'elle envisage, elle, qui se définit comme une opportuniste de la vie !
© Jodie Cornélie Sigmundová
«
Je reste toujours positive car au final ma joie et mon tempérament m'ont amené à vivre de belles situations.
Je crois à l'univers et aux petits signes du destin, aux rencontres parfois improbables.
Je suis une optimiste et une opportuniste de la vie en général.
Je prends ce que la vie m'offre.
»
© Jodie Cornélie Sigmundová
Quelle enfant étais-tu ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « J'étais une enfant très joyeuse, spontanée, heureuse de vivre. J'aimais la vie en général et les activités physiques aussi, me dépenser. Je jouais beaucoup avec mon petit frère, Petr. On ne jouait pas à la Barbie, non, - on n'aimait pas Barbie -, mais on jouait aux Lego, oui, au Jungle Speed ... On faisait des spectacles de marionnettes, jouait à la Nintendo ensemble … Et puis j'étais une aventurière ! Quand on partait en randonnée en famille, mon frère et moi, prenions plaisir à circuler à travers les boisements, sur des chemins parallèles au chemin balisé, que le reste des adultes utilisaient, c’était notre « hors-piste ». J'adorais ce truc de partir à la découverte du monde, même si j’ai développé une petite peur sous-jacente que l’un de nous se blesse. Cette peur est apparue petit à petit car mon frère s’est malheureusement fait pas mal de bobos étant petit. Donc je redoutais la récidive ; les grosses prises de risques niveau cascade et danger, n’ont jamais été mon truc comparé à lui (rires).
À l'école, j'étais assez studieuse, j'aimais bien aller à l'école ! J'ai grandi à Strasbourg, dans une classe
dans laquelle la moitié des cours était en français et l’autre moitié, en allemand. J’ai intégré cette classe en moyenne section jusqu’à la 6-ème inclus. Après ça, j’ai été sélectionnée pour intégrer le Pôle espoir d’Alsace un an en avance donc dès la 5-ème , au lieu d’y rentrer qu’en 4-ème comme à l’accoutumée. Ayant fait partie de cette classe bilingue, je me suis assez rapidement rendue compte que l'apprentissage des langues me plaisait. De plus, chaque été, ma mère nous emmenait en République Tchèque, son pays natal ; c'est durant les vacances chez mes grands-parents que j'ai appris à parler tchèque. »
À quel moment t'es tu rendue compte
que tu faisais une tête de plus ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « J'ai pris conscience de ma propre 'grande' taille assez jeune, mais elle ne m'a jamais fait me sentir mal à l'aise. De la moyenne section jusqu'en 6-ème inclus, j'avais dans ma classe une fille et un garçon qui faisaient à peu près la même taille que moi. On était donc trois têtes de plus alors la question d'être différents des autres ne se posait pas. Par-contre, je me souviens effectivement avoir constaté par moi-même cette différence chaque fois que je voulais accéder à des aires de jeux pour enfants, comme celles que l'on trouve dans les parcs ou sur les aires d'autoroute. L’âge indiqué sur les pancartes de ces infrastructures m'autorisait bien à m'en servir, mais je voyais bien qu'à côté des autres enfants âgés de 10 ans comme moi, j'en paraissais 15. Donc face à ce type de jeux, oui, j'ai toujours eu un effet de réticence, de blocage à y aller ; je sentais le regard des autres, des adultes aussi sur moi. Dans ce contexte précis, ça me gênait.
C'est en 5-ème, à 12-13 ans, lors de mon entrée en Pôle espoir que ma croissance s'est accélérée d'un coup. En 6-ème, je mesurais 1m69, en 5-ème, 1m79 et à la rentrée en 4-ème, 1m87. Je suis passée d’une taille moyenne dans l’équipe, à faire partie des plus grandes à la fin de ma première année de pôle alors qu’elles avaient toutes un à deux ans de plus que moi. Quant aux garçons présents au pôle, ils évoluaient dans une section football et étaient tous vraiment petits ! (rires) Autant dire qu'au collège personne ne s'intéressait à moi ! En 4-ème et en 3-ème, je suis passée par une période où j'ai été complexée par le fait d'être plus grande que les garçons ...
Le fait d'être fière de ma taille est venu un peu plus tard, en seconde, quand je suis entrée à l'INSEP. Là, je me retrouvais qu’avec des sportifs et les basketteurs étaient quasiment tous plus grands que moi. Ma taille ne m’a plus posé de problèmes, ce n’était plus vraiment un sujet.
J’ai une anecdote qui me fait sourire en y repensant. En 2012, mon frère, Petr, participe au Championnat du Monde U17 avec l’Equipe de France jeune. Celui-ci a lieu en Lituanie, et mes parents et moi décidons d’aller le soutenir. En arrivant à l’aéroport, je me suis assez rapidement rendue compte que les femmes étaient grandes ici. J’avais l’impression qu’elles faisaient toutes ma taille ou pas loin. Cela m’a procuré une sensation bizarre et paradoxale de me sentir 'petite'. C'était comme si on m'enlevait quelque chose de moi, de mon identité, de ma particularité quelque part… C'était vraiment super bizarre à vivre !! Alors qu’au fond, non, elle ne faisait pas ma taille, elles étaient
plutôt autour du mètre 80 ; mais n’ayant pas l’habitude, voilà les sensations ressenties… »
Est-ce que la grande taille était un
sujet de conversation en famille
ou pas du tout ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « Ma mère, qui est également grande - elle mesure 1m87-, a toujours eu peur que je sois hypercomplexée ; alors elle mettait un point d'honneur à ce que je sois toujours bien habillée. Je l'ai toujours entendu dire qu'être "débraillée" entre guillemets, c'était se mettre soi-même dans une situation de handicap. Alors que si l'on se présente aux autres de façon classe et élégante - et que l'on est bien dans ses vêtements -, cela joue sur notre prestance, notre assurance. J'ai pris conscience de cette vérité très jeune, bien avant de me demander ce que j’allais faire de ma vie. Grâce à cette façon de voir les choses, j'ai toujours voulu assumer ma taille et même porter des talons ! Ma mère me prêtait les siens… Quand on allait en République Tchèque, il y avait sept heures de trajet, c'était long, mais à chaque fois on s'arrêtait sur la route dans un magasin de chaussures allemand spécialisé grande taille. C'était l'étape 'shopping' incontournable ! (rires) Car oui, en plus d’être grande par la taille, j’ai des pieds proportionnels donc grands… ça aussi, ça a été dur à assumer, plus que la taille encore…
Mon père, lui mesure 2m04, j'ai toujours perçu notre différence entre sa taille et la mienne, même quand je porte des talons et que je mesure 2m00. Je trouve qu'au-delà de deux mètres, être de grande taille pour une femme est vraiment impressionnant et peut être gênant dans la vie de tous les jours. Pour les femmes, c'est à partir d'1m90 que le regard des gens dans la rue est déjà plus dur à supporter... Je dis ça mais au fond, je ne sais pas vraiment, je ne peux qu’attester de mon expérience…
Ce qui est marrant, c'est que je ne m'intéresse qu'aujourd'hui à ma taille réelle et à comment elle est vue par les personnes, maintenant que je pense à ma reconversion. Depuis INSEP, donc depuis mon entrée en seconde, j'évoluais exclusivement dans le monde du sport, parmi des grandes et des grands, je me sentais comme sur un bateau sur lequel je naviguais, je ne m'interrogeais pas sur le sujet. J'ai toujours eu l'habitude que tout le monde me regarde. Enfant, mon père m'a toujours encouragée, valorisée, dit que j'étais magnifique ! Il m'a très tôt donnée confiance en moi. Du coup, quand j'entre dans une pièce ou sur le terrain, j'aime afficher un sourire rayonnant et de l'aplomb, j'aime provoquer cet effet "Waouh" et que les gens puissent penser "Cette fille est très grande, mais elle l'assume !" (rires)
En ce moment, je regarde l'émission "l'Amour est dans le pré" et cette année, il y a une femme qui mesure 1m87. Je suis attentive aux séquences où elle passe et me suis faite la remarque "Ah ?! De l'extérieur on nous voit comme ça ?" Pour le coup, je suis spectatrice du rapport d'échelle et des réflexions qu'une femme peut avoir en dehors du monde sportif. Je découvre et c'est instructif de comprendre comment imposer sa présence sans se faire critiquer. La grande taille intimide vraiment les gens et souvent ils ne se rendent pas du tout compte de leurs maladresses. Moi ce qui m'agace le plus c'est "Ah ! Qu'est-ce que vous êtes grande !" x fois par jour… »
Et tu réponds quoi ?!
Jodie Cornélie Sigmundová : « ... Ahh !! ... Je souris, ça dépend qui le dit, si c'est un enfant, bon c'est la candeur qui parle, quand c'est une personne âgée, bah c'est normal, c'est une question de génération et d'évolution de la taille. Tout dépend de la manière dont c'est dit. Si je sens de la lourdeur ou de l'agressivité, j'ai mon astuce ! Attention AS-TUUUU-CE !!! (rires) : Je fais celle qui est peinée, qui le vit mal et qui est prête à se confier … Je prends l'air triste et dis "Oui, c'est compliqué à vivre vous savez..." Et ça, ça marche à tous les coups ! Ça inverse le sentiment de gêne : celui qui pensait trouver de la répartie de ma part se retrouve à devoir faire face au malaise de la situation, il est alors gêné à ne plus trop savoir quoi me dire… Et intérieurement, ça me fait marrer ! (rires) Il y a aussi, ma seconde astuce que j’utilise le plus souvent qui est de répondre exactement la même chose, mais par rapport au physique de la personne : par exemple, si un homme me dit « qu’est-ce que vous êtes grande, vous mesurez combien ? Je lui réponds : « qu’est-ce que vous êtes petit, vous mesurez combien ? », car qu’on se le dise, c’est très rarement des hommes grands qui me font ce genre de réflexions… Et là encore, un malaise s’installe et la personne se rend compte de la bêtise de la question… »
C'est bon çà ! On note ! Merci Jodie !!!
(rires)
Quelle enfant étais-tu ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « J'étais une enfant très joyeuse, spontanée, heureuse de vivre. J'aimais la vie en général et les activités physiques aussi, me dépenser. Je jouais beaucoup avec mon petit frère, Petr. On ne jouait pas à la Barbie, non, - on n'aimait pas Barbie -, mais on jouait aux Lego, oui, au Jungle Speed ... On faisait des spectacles de marionnettes, jouait à la Nintendo ensemble … Et puis j'étais une aventurière ! Quand on partait en randonnée en famille, mon frère et moi, prenions plaisir à circuler à travers les boisements, sur des chemins parallèles au chemin balisé, que le reste des adultes utilisaient, c’était notre « hors-piste ». J'adorais ce truc de partir à la découverte du monde, même si j’ai développé une petite peur sous-jacente que l’un de nous se blesse. Cette peur est apparue petit à petit car mon frère s’est malheureusement fait pas mal de bobos étant petit. Donc je redoutais la récidive ; les grosses prises de risques niveau cascade et danger, n’ont jamais été mon truc comparé à lui (rires).
À l'école, j'étais assez studieuse, j'aimais bien aller à l'école ! J'ai grandi à Strasbourg, dans une classe
dans laquelle la moitié des cours était en français et l’autre moitié, en allemand. J’ai intégré cette classe en moyenne section jusqu’à la 6-ème inclus. Après ça, j’ai été sélectionnée pour intégrer le Pôle espoir d’Alsace un an en avance donc dès la 5-ème , au lieu d’y rentrer qu’en 4-ème comme à l’accoutumée. Ayant fait partie de cette classe bilingue, je me suis assez rapidement rendue compte que l'apprentissage des langues me plaisait. De plus, chaque été, ma mère nous emmenait en République Tchèque, son pays natal ; c'est durant les vacances chez mes grands-parents que j'ai appris à parler tchèque. »
À quel moment t'es tu rendue compte
que tu faisais une tête de plus ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « J'ai pris conscience de ma propre 'grande' taille assez jeune, mais elle ne m'a jamais fait me sentir mal à l'aise. De la moyenne section jusqu'en 6-ème inclus, j'avais dans ma classe une fille et un garçon qui faisaient à peu près la même taille que moi. On était donc trois têtes de plus alors la question d'être différents des autres ne se posait pas. Par-contre, je me souviens effectivement avoir constaté par moi-même cette différence chaque fois que je voulais accéder à des aires de jeux pour enfants, comme celles que l'on trouve dans les parcs ou sur les aires d'autoroute. L’âge indiqué sur les pancartes de ces infrastructures m'autorisait bien à m'en servir, mais je voyais bien qu'à côté des autres enfants âgés de 10 ans comme moi, j'en paraissais 15. Donc face à ce type de jeux, oui, j'ai toujours eu un effet de réticence, de blocage à y aller ; je sentais le regard des autres, des adultes aussi sur moi. Dans ce contexte précis, ça me gênait.
C'est en 5-ème, à 12-13 ans, lors de mon entrée en Pôle espoir que ma croissance s'est accélérée d'un coup. En 6-ème, je mesurais 1m69, en 5-ème, 1m79 et à la rentrée en 4-ème, 1m87. Je suis passée d’une taille moyenne dans l’équipe, à faire partie des plus grandes à la fin de ma première année de pôle alors qu’elles avaient toutes un à deux ans de plus que moi. Quant aux garçons présents au pôle, ils évoluaient dans une section football et étaient tous vraiment petits ! (rires) Autant dire qu'au collège personne ne s'intéressait à moi ! En 4-ème et en 3-ème, je suis passée par une période où j'ai été complexée par le fait d'être plus grande que les garçons ...
Le fait d'être fière de ma taille est venu un peu plus tard, en seconde, quand je suis entrée à l'INSEP. Là, je me retrouvais qu’avec des sportifs et les basketteurs étaient quasiment tous plus grands que moi. Ma taille ne m’a plus posé de problèmes, ce n’était plus vraiment un sujet.
J’ai une anecdote qui me fait sourire en y repensant. En 2012, mon frère, Petr, participe au Championnat du Monde U17 avec l’Equipe de France jeune. Celui-ci a lieu en Lituanie, et mes parents et moi décidons d’aller le soutenir. En arrivant à l’aéroport, je me suis assez rapidement rendue compte que les femmes étaient grandes ici. J’avais l’impression qu’elles faisaient toutes ma taille ou pas loin. Cela m’a procuré une sensation bizarre et paradoxale de me sentir 'petite'. C'était comme si on m'enlevait quelque chose de moi, de mon identité, de ma particularité quelque part… C'était vraiment super bizarre à vivre !! Alors qu’au fond, non, elle ne faisait pas ma taille, elles étaient
plutôt autour du mètre 80 ; mais n’ayant pas l’habitude, voilà les sensations ressenties… »
Est-ce que la grande taille était un
sujet de conversation en famille
ou pas du tout ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « Ma mère, qui est également grande - elle mesure 1m87-, a toujours eu peur que je sois hypercomplexée ; alors elle mettait un point d'honneur à ce que je sois toujours bien habillée. Je l'ai toujours entendu dire qu'être "débraillée" entre guillemets, c'était se mettre soi-même dans une situation de handicap. Alors que si l'on se présente aux autres de façon classe et élégante - et que l'on est bien dans ses vêtements -, cela joue sur notre prestance, notre assurance. J'ai pris conscience de cette vérité très jeune, bien avant de me demander ce que j’allais faire de ma vie. Grâce à cette façon de voir les choses, j'ai toujours voulu assumer ma taille et même porter des talons ! Ma mère me prêtait les siens… Quand on allait en République Tchèque, il y avait sept heures de trajet, c'était long, mais à chaque fois on s'arrêtait sur la route dans un magasin de chaussures allemand spécialisé grande taille. C'était l'étape 'shopping' incontournable ! (rires) Car oui, en plus d’être grande par la taille, j’ai des pieds proportionnels donc grands… ça aussi, ça a été dur à assumer, plus que la taille encore…
Mon père, lui mesure 2m04, j'ai toujours perçu notre différence entre sa taille et la mienne, même quand je porte des talons et que je mesure 2m00. Je trouve qu'au-delà de deux mètres, être de grande taille pour une femme est vraiment impressionnant et peut être gênant dans la vie de tous les jours. Pour les femmes, c'est à partir d'1m90 que le regard des gens dans la rue est déjà plus dur à supporter... Je dis ça mais au fond, je ne sais pas vraiment, je ne peux qu’attester de mon expérience…
Ce qui est marrant, c'est que je ne m'intéresse qu'aujourd'hui à ma taille réelle et à comment elle est vue par les personnes, maintenant que je pense à ma reconversion. Depuis INSEP, donc depuis mon entrée en seconde, j'évoluais exclusivement dans le monde du sport, parmi des grandes et des grands, je me sentais comme sur un bateau sur lequel je naviguais, je ne m'interrogeais pas sur le sujet. J'ai toujours eu l'habitude que tout le monde me regarde. Enfant, mon père m'a toujours encouragée, valorisée, dit que j'étais magnifique ! Il m'a très tôt donnée confiance en moi. Du coup, quand j'entre dans une pièce ou sur le terrain, j'aime afficher un sourire rayonnant et de l'aplomb, j'aime provoquer cet effet "Waouh" et que les gens puissent penser "Cette fille est très grande, mais elle l'assume !" (rires)
En ce moment, je regarde l'émission "l'Amour est dans le pré" et cette année, il y a une femme qui mesure 1m87. Je suis attentive aux séquences où elle passe et me suis faite la remarque "Ah ?! De l'extérieur on nous voit comme ça ?" Pour le coup, je suis spectatrice du rapport d'échelle et des réflexions qu'une femme peut avoir en dehors du monde sportif. Je découvre et c'est instructif de comprendre comment imposer sa présence sans se faire critiquer. La grande taille intimide vraiment les gens et souvent ils ne se rendent pas du tout compte de leurs maladresses. Moi ce qui m'agace le plus c'est "Ah ! Qu'est-ce que vous êtes grande !" x fois par jour… »
Et tu réponds quoi ?!
Jodie Cornélie Sigmundová : « ... Ahh !! ... Je souris, ça dépend qui le dit, si c'est un enfant, bon c'est la candeur qui parle, quand c'est une personne âgée, bah c'est normal, c'est une question de génération et d'évolution de la taille. Tout dépend de la manière dont c'est dit. Si je sens de la lourdeur ou de l'agressivité, j'ai mon astuce ! Attention AS-TUUUU-CE !!! (rires) : Je fais celle qui est peinée, qui le vit mal et qui est prête à se confier … Je prends l'air triste et dis "Oui, c'est compliqué à vivre vous savez..." Et ça, ça marche à tous les coups ! Ça inverse le sentiment de gêne : celui qui pensait trouver de la répartie de ma part se retrouve à devoir faire face au malaise de la situation, il est alors gêné à ne plus trop savoir quoi me dire… Et intérieurement, ça me fait marrer ! (rires) Il y a aussi, ma seconde astuce que j’utilise le plus souvent qui est de répondre exactement la même chose, mais par rapport au physique de la personne : par exemple, si un homme me dit « qu’est-ce que vous êtes grande, vous mesurez combien ? Je lui réponds : « qu’est-ce que vous êtes petit, vous mesurez combien ? », car qu’on se le dise, c’est très rarement des hommes grands qui me font ce genre de réflexions… Et là encore, un malaise s’installe et la personne se rend compte de la bêtise de la question… »
C'est bon çà ! On note ! Merci Jodie !!!
(rires)
© FFBB - Julien Bacot - 2020
Ton père Martial Cornélie
et ta maman Pavla Sigmundová
ont tous deux évolués dans le basket.
À quel moment est née ta vocation,
et à quel moment tu t'es dit :
"ok, ce sport me plaît, j'ai envie
d'en faire mon métier ?"
Jodie Cornélie Sigmundová : « Tard finalement car je n'ai découvert le monde professionnel qu'à 23 ans, lors de mon retour en France après mes cinq années d'études aux États-Unis. Avant, je ne m'étais jamais dit que j'allais devenir basketteuse professionnelle - contrairement à ma petite sœur qui a 14 ans et qui, elle, est à fond depuis ses 10 ans ! -.
Ma mère m'a inscrite au basket à l'âge de 6 ans, j'y ai tout de suite pris goût, mais j'y jouais avant tout pour le plaisir. J'ai abordé ce sport comme un jeu, un jeu où j'étais avec des copines et où l'on s'amusait. Ma mère a arrêté de jouer à 19 ans, mais mon père a évolué en Pro B. Durant mon enfance, on allait assister à ses matchs, pendant les mi-temps je descendais shooter avec mon frère, nous étions au plus près du terrain, j'étais familière de l'ambiance autour de ce sport et j'aimais ça. Mais, enfant comme ado, je m'imaginais plus avoir une vie d'adulte comme menait ma mère, une femme pressée, hyperactive, devant gérer tout, son boulot, ses enfants … Ma vision de ma vie d'adulte était celle que vivait ma mère, c'était mon repère. Je m'imaginais avoir son quotidien plus tard, sans savoir ce qu'impliquait cette vie d'adulte ! (rires)
Attends ! Ah si, je viens de m'en souvenir ! (rires) Enfant, je voulais devenir puéricultrice ou maîtresse en maternelle ! Mais bon, j'ai abandonné l'idée assez vite finalement, à la suite de mon stage de 3-ème où je me suis réellement rendue compte de ce qu'était de s'occuper d'enfants tous les jours, de devoir se baisser tout le temps pour ramasser des trucs, etc. (rires)
Pour revenir au basket, à aucun moment, devenir basketteuse professionnelle était un objectif en soi. Je souhaitais accéder au plus haut niveau, mais je ne me rendais pas forcément compte de l’aspect professionnelle de la chose. »
Tu as joué à Nice, à Tarbes,
à Mondeville, puis Angers.
Quand et comment as-tu basculé
au 3x3 ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « J'ai commencé à jouer au 3x3 pratiquement en même temps que ma première saison au 5x5. Pour s'entraîner différemment et aussi améliorer notre jeu, on faisait des séances de 3x3. Je faisais également des tournois les étés, c'était vraiment l'esprit colonie de vacances ! (rires) C'était génial de vivre ces moments. Ma première convocation en Équipe de France 3x3 a eu lieu le 26 mars 2017, j'avais 23 ans ! En plus, le stage se déroulait en République Tchèque, c'était trop bien car ma grand-mère maternelle est venue me voir jouer. En 2019 le staff a fait le choix de partir avec un groupe France de plus petites tailles ou du moins, avec peu de grandes. J’ai donc été écartée. Ce n'est qu'en 2022 que j'ai été rappelée. Il cherchait une 'grande' justement, ça tombait bien comme je le suis. En juin 2023, Yann Julien, le coach de l’équipe de France 3x3, m’a pris à part lors du dernier stage de préparation et m’a évoqué le projet de préparation olympique. J'ai fait partie des huit joueuses sélectionnées, malheureusement je me suis blessée au genou deux mois avant les Jeux. »
Au 5x5 comme au 3x3,
en tant que 'grande',
as-tu déjà bénéficié de séances
d'entraînement différentes de celles
des joueuses plus petites ?
Et si oui, de quelle nature ?
Jodie Cornélie Sigmundová: « Au 5x5, oui. Dans une équipe 5x5, nous sommes plusieurs grandes dans l’équipe, entre deux et jusqu’à quatre très grandes (aux alentours du mètre 90-95) sur une équipe de 10-12, du coup les entraînements prennent cela en compte et les grandes font des exercices orientés pour une technique d’intérieure et les « petites » font davantage d’exercices
mettant en place une technique « d’extérieure ». Mais j’avoue ne pas toujours être fan de ça, car ça met les personnes dans des cases ; supposant que la grande est moins mobile et pas forcément capable de faire ce que les petites font. Au 3x3 par contre, là aussi, les séances peuvent être spécifiques en fonction du profil. Mais en général, une joueuse 3x3 doit être capable de tout faire sur un terrain 3x3, et j’apprécie ça. Les joueuses sont moins mises dans des cases. Le 3x3 force à être plus mobile, faire évoluer son jeu. Grâce au 3x3, je suis devenue plus rapide. J'ai développé ce nouvel atout. De toute manière, je n’ai pas le choix car depuis ma première année au 3x3, je rencontre tous type de profil. D’un match à un autre je peux me retrouver face à une équipe de petites, donc savoir attaquer et défendre en fonction de ce profil ou bien au match suivant, me retrouver face à une joueuse de ma taille ayant 10 kg de plus que moi. Au 5x5, c’est beaucoup plus homogène, je sais que je vais faire face à des joueuses de ma taille tous les weekends ! »
Est-ce que, de par ton parcours,
ton cœur balance
entre le 3x3 et le 5x5 ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « Le 3x3, j'aime plutôt y jouer en saison estivale, même si cela fait un an que je n'ai pas participé à ce type de compétition. Jouer une saison 3x3 à temps plein, c'est adopter un rythme vraiment soutenu. Vu de l'extérieur, ça peut paraître génial de voyager tout le temps, mais en vrai, parfois on se réveille et on se demande dans quelle ville on est, les décalages horaires n'aident pas et, en plus, on n'a que rarement le temps de visiter le pays ! C'est un mode de vie qui va très vite. Je n'ai jamais été un an sans être chez-moi. Je suis un peu casanière. Être tout le temps sur la route, faire énormément de déplacements … Bof … Et puis ce n’est pas très bon pour l'environnement, si je veux être cohérente avec mes convictions.
Je suis plus focus sur le 5x5, avec une forte envie de repartir aussi jouer à l'étranger. Rester en France n'est pas exclu, mais je veux être utilisée à ma juste valeur. Par-contre, ce qui conditionnera à l'avenir le choix de mes prochains clubs, ce seront les coachs en place et la relation qu'ils ont avec les athlètes, leur vision. Beaucoup de coachs en France ont malheureusement une façon de parler aux joueuses qui me déplaît. Et c'est vrai dans de nombreux sports : ils ont une façon de nous parler "comme de la merde", disons-le ! (rires)
J'ai connu un assistant coach, il fonctionnait à l'humiliation et nous détruisait volontairement mentalement. Son seul argument à son comportement était que, grâce à lui, on apprenait à être plus fortes, plus résistantes, conditionnées à nous forger un mental en béton ! Question : d'où avoir de la considération pour quelqu'un l'empêcherait de développer son mental, d'apprendre à avoir confiance en lui/elle, de se donner les moyens de se surpasser ?!!! »
Et reprendre le 5x5 après avoir goûté
à la liberté du 3x3 c'est plutôt
galvanisant ou frustrant ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « C'est vrai que de l'extérieur, retourner au 5x5 c'est se voir à nouveau attribuer un poste et un rôle bien défini sur le terrain, mais c'est aussi devoir prouver en permanence que tu es la plus performante, la plus persévérante pour t'assurer une présence maximale sur le terrain … Mais j'aime mon sport, j'aime le 5x5, c'est ma passion, je n'ai pas de souci avec cela, donc je dirais que c'est plutôt galvanisant. »
Ton père Martial Cornélie
et ta maman Pavla Sigmundová
ont tous deux évolués dans le basket.
À quel moment est née ta vocation,
et à quel moment tu t'es dit :
"ok, ce sport me plaît, j'ai envie
d'en faire mon métier ?"
Jodie Cornélie Sigmundová : « Tard finalement car je n'ai découvert le monde professionnel qu'à 23 ans, lors de mon retour en France après mes cinq années d'études aux États-Unis. Avant, je ne m'étais jamais dit que j'allais devenir basketteuse professionnelle - contrairement à ma petite sœur qui a 14 ans et qui, elle, est à fond depuis ses 10 ans ! -.
Ma mère m'a inscrite au basket à l'âge de 6 ans, j'y ai tout de suite pris goût, mais j'y jouais avant tout pour le plaisir. J'ai abordé ce sport comme un jeu, un jeu où j'étais avec des copines et où l'on s'amusait. Ma mère a arrêté de jouer à 19 ans, mais mon père a évolué en Pro B. Durant mon enfance, on allait assister à ses matchs, pendant les mi-temps je descendais shooter avec mon frère, nous étions au plus près du terrain, j'étais familière de l'ambiance autour de ce sport et j'aimais ça. Mais, enfant comme ado, je m'imaginais plus avoir une vie d'adulte comme menait ma mère, une femme pressée, hyperactive, devant gérer tout, son boulot, ses enfants … Ma vision de ma vie d'adulte était celle que vivait ma mère, c'était mon repère. Je m'imaginais avoir son quotidien plus tard, sans savoir ce qu'impliquait cette vie d'adulte ! (rires)
Attends ! Ah si, je viens de m'en souvenir ! (rires) Enfant, je voulais devenir puéricultrice ou maîtresse en maternelle ! Mais bon, j'ai abandonné l'idée assez vite finalement, à la suite de mon stage de 3-ème où je me suis réellement rendue compte de ce qu'était de s'occuper d'enfants tous les jours, de devoir se baisser tout le temps pour ramasser des trucs, etc. (rires)
Pour revenir au basket, à aucun moment, devenir basketteuse professionnelle était un objectif en soi. Je souhaitais accéder au plus haut niveau, mais je ne me rendais pas forcément compte de l’aspect professionnelle de la chose. »
Tu as joué à Nice, à Tarbes,
à Mondeville, puis Angers.
Quand et comment as-tu basculé
au 3x3 ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « J'ai commencé à jouer au 3x3 pratiquement en même temps que ma première saison au 5x5. Pour s'entraîner différemment et aussi améliorer notre jeu, on faisait des séances de 3x3. Je faisais également des tournois les étés, c'était vraiment l'esprit colonie de vacances ! (rires) C'était génial de vivre ces moments. Ma première convocation en Équipe de France 3x3 a eu lieu le 26 mars 2017, j'avais 23 ans ! En plus, le stage se déroulait en République Tchèque, c'était trop bien car ma grand-mère maternelle est venue me voir jouer. En 2019 le staff a fait le choix de partir avec un groupe France de plus petites tailles ou du moins, avec peu de grandes. J’ai donc été écartée. Ce n'est qu'en 2022 que j'ai été rappelée. Il cherchait une 'grande' justement, ça tombait bien comme je le suis. En juin 2023, Yann Julien, le coach de l’équipe de France 3x3, m’a pris à part lors du dernier stage de préparation et m’a évoqué le projet de préparation olympique. J'ai fait partie des huit joueuses sélectionnées, malheureusement je me suis blessée au genou deux mois avant les Jeux. »
Au 5x5 comme au 3x3,
en tant que 'grande',
as-tu déjà bénéficié de séances
d'entraînement différentes de celles
des joueuses plus petites ?
Et si oui, de quelle nature ?
Jodie Cornélie Sigmundová: « Au 5x5, oui. Dans une équipe 5x5, nous sommes plusieurs grandes dans l’équipe, entre deux et jusqu’à quatre très grandes (aux alentours du mètre 90-95) sur une équipe de 10-12, du coup les entraînements prennent cela en compte et les grandes font des exercices orientés pour une technique d’intérieure et les « petites » font davantage d’exercices
mettant en place une technique « d’extérieure ». Mais j’avoue ne pas toujours être fan de ça, car ça met les personnes dans des cases ; supposant que la grande est moins mobile et pas forcément capable de faire ce que les petites font. Au 3x3 par contre, là aussi, les séances peuvent être spécifiques en fonction du profil. Mais en général, une joueuse 3x3 doit être capable de tout faire sur un terrain 3x3, et j’apprécie ça. Les joueuses sont moins mises dans des cases. Le 3x3 force à être plus mobile, faire évoluer son jeu. Grâce au 3x3, je suis devenue plus rapide. J'ai développé ce nouvel atout. De toute manière, je n’ai pas le choix car depuis ma première année au 3x3, je rencontre tous type de profil. D’un match à un autre je peux me retrouver face à une équipe de petites, donc savoir attaquer et défendre en fonction de ce profil ou bien au match suivant, me retrouver face à une joueuse de ma taille ayant 10 kg de plus que moi. Au 5x5, c’est beaucoup plus homogène, je sais que je vais faire face à des joueuses de ma taille tous les weekends ! »
Est-ce que, de par ton parcours,
ton cœur balance
entre le 3x3 et le 5x5 ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « Le 3x3, j'aime plutôt y jouer en saison estivale, même si cela fait un an que je n'ai pas participé à ce type de compétition. Jouer une saison 3x3 à temps plein, c'est adopter un rythme vraiment soutenu. Vu de l'extérieur, ça peut paraître génial de voyager tout le temps, mais en vrai, parfois on se réveille et on se demande dans quelle ville on est, les décalages horaires n'aident pas et, en plus, on n'a que rarement le temps de visiter le pays ! C'est un mode de vie qui va très vite. Je n'ai jamais été un an sans être chez-moi. Je suis un peu casanière. Être tout le temps sur la route, faire énormément de déplacements … Bof … Et puis ce n’est pas très bon pour l'environnement, si je veux être cohérente avec mes convictions.
Je suis plus focus sur le 5x5, avec une forte envie de repartir aussi jouer à l'étranger. Rester en France n'est pas exclu, mais je veux être utilisée à ma juste valeur. Par-contre, ce qui conditionnera à l'avenir le choix de mes prochains clubs, ce seront les coachs en place et la relation qu'ils ont avec les athlètes, leur vision. Beaucoup de coachs en France ont malheureusement une façon de parler aux joueuses qui me déplaît. Et c'est vrai dans de nombreux sports : ils ont une façon de nous parler "comme de la merde", disons-le ! (rires)
J'ai connu un assistant coach, il fonctionnait à l'humiliation et nous détruisait volontairement mentalement. Son seul argument à son comportement était que, grâce à lui, on apprenait à être plus fortes, plus résistantes, conditionnées à nous forger un mental en béton ! Question : d'où avoir de la considération pour quelqu'un l'empêcherait de développer son mental, d'apprendre à avoir confiance en lui/elle, de se donner les moyens de se surpasser ?!!! »
Et reprendre le 5x5 après avoir goûté
à la liberté du 3x3 c'est plutôt galvanisant ou frustrant ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « C'est vrai que de l'extérieur, retourner au 5x5 c'est se voir à nouveau attribuer un poste et un rôle bien défini sur le terrain, mais c'est aussi devoir prouver en permanence que tu es la plus performante, la plus persévérante pour t'assurer une présence maximale sur le terrain … Mais j'aime mon sport, j'aime le 5x5, c'est ma passion, je n'ai pas de souci avec cela, donc je dirais que c'est plutôt galvanisant. »
© Jodie Cornélie Sigmundová
Aurais-tu un sentiment de fierté
ou un sentiment d'accomplissement
à nous partager ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « Un sentiment de fierté … Je dirais qu'avec le recul, je suis fière de mon parcours, même si je n'ai pas réussi tout comme je le souhaitais. Mais je reste toujours positive car au final ma joie et mon tempérament m'ont amené à vivre de belles situations. Je crois en l'univers et aux petits signes du destin, aux rencontres parfois improbables. Je suis une optimiste et une opportuniste de la vie en général. Je prends ce que la vie m'offre. Je suis fière aussi de ne pas savoir mon avenir, savoir que ma vie n'est pas tracée - même si c'est bien aussi d'avoir de la stabilité -… (rires)
Je suis fière également d'avoir pu suivre mes études. À mon âge, beaucoup de joueuses ont au moins huit saisons pros derrière elles, mais elles sont rares celles qui ont passé cinq ans aux États-Unis. J'ai un diplôme d’ingénieure en chimie et en ce moment, je suis des cours à l'École Supérieur d'Agriculture pour obtenir un Brevet de Technicien Supérieur Agricole en "Gestion et Protection de la nature".
J'ai une réelle fascination pour la nature. C'est déplorable ce qu'on lui inflige…
L'étudier est devenue une habitude : j'ai tout le temps envie de savoir quel est cet arbre, cette plante, savoir quels oiseaux se cachent derrière tels chants, etc. La nature est un terrain de jeu permanent et tellement surprenant quand on sait la regarder, la toucher, l'écouter, la sentir… Je suis en train de découvrir une nouvelle passion quasi à la même hauteur que ma passion pour le basket. Je découvre également une part inexplorée de ma personnalité. Je rencontre aussi d'autres personnes qui me voient aussi comme une autre Jodie. Et puis c'est bon pour moi aussi de parler d'autres choses que du basket ! J'aime beaucoup nos sujets de conversations.
Si on m'avait dit qu'à 30 ans, je passerais deux semaines sur un bateau à naviguer en pleine Mer Baltique à étudier les plastiques dans celle-ci, jamais je n'y aurais cru. Je suis fière de me connaitre et de pouvoir m'ouvrir au monde, de vivre des expériences nouvelles, enrichissantes. Quand on me parle de mon parcours, j'ai l'impression que je n'ai rien fait de fou, mais c'est vrai que j'ai un chemin atypique : je fais du basket depuis l’âge de 6 ans, grâce à mes parents j'ai eu la chance d'être partie étudier aux États-Unis, puis d'être devenue pro, d'avoir joué en Équipes de France 5x5 et 3x3 et d'avoir, aujourd’hui, une vie tout aussi épanouissante en dehors du basket.
Finalement, je suis contente d''avoir trouvé les bons outils qui me permettent de voir la vie en rose ! (rires) On me reproche parfois de m'émerveiller sur les petites choses de la vie, mais elles me procurent tellement un bonheur extrême, immense, il suffit de petites choses pour me rendre heureuse... »
Tu sais d'où cela t’est venu ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « Oh, j'ai été marqué par mon grand-père maternel tchèque ; il était professeur de biologie et quand on allait chez mes grands-parents, on passait deux semaines dans une maison coupée du monde, en pleine forêt. Mon grand-père reconnaissait tous les chants d'oiseaux, il connaissait la flore et la faune, je m'émerveillais de son savoir. Pourtant à l'école, je détestais les cours de biologie ! Les maths étaient un jeu, facile, la chimie était un jeu aussi. Durant mes études d'ingénieur, là encore, la biologie c'était dur. M'attaquer aux Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) me semblait impossible. Dès le départ, je m'étais mise une barrière, mais je suis fière de l'avoir surmonté.
Travailler dans le domaine de l'environnement est une voie qui m'attire dans le futur. Il faut être polyvalente : sensibiliser le public, intervenir sur les différents territoires … L'Homme est aujourd'hui tellement détaché du milieu dans lequel il vit. Ils en ont parfois peur à tort. Aujourd’hui, on s'est finalement habitué à vivre entre quatre murs, tellement détaché de la nature… Il est temps de se reconnecter à elle, de re-découvrir notre environnement premier. »
Aurais-tu un sentiment de fierté
ou un sentiment d'accomplissement
à nous partager ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « Un sentiment de fierté … Je dirais qu'avec le recul, je suis fière de mon parcours, même si je n'ai pas réussi tout comme je le souhaitais. Mais je reste toujours positive car au final ma joie et mon tempérament m'ont amené à vivre de belles situations. Je crois en l'univers et aux petits signes du destin, aux rencontres parfois improbables. Je suis une optimiste et une opportuniste de la vie en général. Je prends ce que la vie m'offre. Je suis fière aussi de ne pas savoir mon avenir, savoir que ma vie n'est pas tracée - même si c'est bien aussi d'avoir de la stabilité -… (rires)
Je suis fière également d'avoir pu suivre mes études. À mon âge, beaucoup de joueuses ont au moins huit saisons pros derrière elles, mais elles sont rares celles qui ont passé cinq ans aux États-Unis. J'ai un diplôme d’ingénieure en chimie et en ce moment, je suis des cours à l'École Supérieur d'Agriculture pour obtenir un Brevet de Technicien Supérieur Agricole en "Gestion et Protection de la nature".
J'ai une réelle fascination pour la nature. C'est déplorable ce qu'on lui inflige…
L'étudier est devenue une habitude : j'ai tout le temps envie de savoir quel est cet arbre, cette plante, savoir quels oiseaux se cachent derrière tels chants, etc. La nature est un terrain de jeu permanent et tellement surprenant quand on sait la regarder, la toucher, l'écouter, la sentir… Je suis en train de découvrir une nouvelle passion quasi à la même hauteur que ma passion pour le basket. Je découvre également une part inexplorée de ma personnalité. Je rencontre aussi d'autres personnes qui me voient aussi comme une autre Jodie. Et puis c'est bon pour moi aussi de parler d'autres choses que du basket ! J'aime beaucoup nos sujets de conversations.
Si on m'avait dit qu'à 30 ans, je passerais deux semaines sur un bateau à naviguer en pleine Mer Baltique à étudier les plastiques dans celle-ci, jamais je n'y aurais cru. Je suis fière de me connaitre et de pouvoir m'ouvrir au monde, de vivre des expériences nouvelles, enrichissantes. Quand on me parle de mon parcours, j'ai l'impression que je n'ai rien fait de fou, mais c'est vrai que j'ai un chemin atypique : je fais du basket depuis l’âge de 6 ans, grâce à mes parents j'ai eu la chance d'être partie étudier aux États-Unis, puis d'être devenue pro, d'avoir joué en Équipes de France 5x5 et 3x3 et d'avoir, aujourd’hui, une vie tout aussi épanouissante en dehors du basket.
Finalement, je suis contente d''avoir trouvé les bons outils qui me permettent de voir la vie en rose ! (rires) On me reproche parfois de m'émerveiller sur les petites choses de la vie, mais elles me procurent tellement un bonheur extrême, immense, il suffit de petites choses pour me rendre heureuse... »
Tu sais d'où cela t’est venu ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « Oh, j'ai été marqué par mon grand-père maternel tchèque ; il était professeur de biologie et quand on allait chez mes grands-parents, on passait deux semaines dans une maison coupée du monde, en pleine forêt. Mon grand-père reconnaissait tous les chants d'oiseaux, il connaissait la flore et la faune, je m'émerveillais de son savoir. Pourtant à l'école, je détestais les cours de biologie ! Les maths étaient un jeu, facile, la chimie était un jeu aussi. Durant mes études d'ingénieur, là encore, la biologie c'était dur. M'attaquer aux Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) me semblait impossible. Dès le départ, je m'étais mise une barrière, mais je suis fière de l'avoir surmonté.
Travailler dans le domaine de l'environnement est une voie qui m'attire dans le futur. Il faut être polyvalente : sensibiliser le public, intervenir sur les différents territoires … L'Homme est aujourd'hui tellement détaché du milieu dans lequel il vit. Ils en ont parfois peur à tort. Aujourd’hui, on s'est finalement habitué à vivre entre quatre murs, tellement détaché de la nature… Il est temps de se reconnecter à elle, de re-découvrir notre environnement premier. »
© Jodie Cornélie Sigmundová
Jodie, c'est le basket de haut niveau
et des études dans le domaine de la gestion de l'environnent.
Et en off ?
Comment marques-tu des pauses ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « Je fais beaucoup de yoga ; le yoga est ma troisième passion ! (sourire) Après, j'aimerais bien tenter autre chose encore. Je suis quelqu'un qui aime dépasser ses peurs, me donner les capacités de tenter et de réussir les choses. Le mannequinat est quelque chose qui m'a toujours travaillé l'esprit par exemple … J’aimerais apprendre à défiler, c’est quelque chose qui au
fond, me fait peur, être soumis au regard du public; mais c’est ça aussi qui me donnera un bon shoot d’adrénaline. Et en soi, j’affronte déjà le regard de monsieur tout le monde tous les jours (rires). En tout cas, pour l’instant, aucune opportunité ne s’est présentée à moi. En fait, au basket, on vit beaucoup d'émotions, on vibre, il y a de l'adrénaline,… J'aimerais bien trouver une autre activité où je ressentirais cela. »
Et pourquoi pas le théâtre ?
Dans ton parcours,
tu as déjà surmonté le challenge
de prendre la parole en public
pour partager ton expérience d'athlète
lors de conférences.
Tu as donc déjà vécu ces sensations
de trouillomètre, puis d'adrénaline
une fois que tu es lancée …
Jodie Cornélie Sigmundová : « Hey ! Pourquoi pas oui ! Qui sait, tu viens peut-être de mettre un point sur ma prochaine aventure ?! L'idée me plaît bien. Ca me permettrait de verbaliser des émotions… Hum, à réfléchir … » (rires)
Tu viens de dire :
"verbaliser des émotions".
T'est-il déjà arrivé d'être sollicitée par
des jeunes filles pour obtenir
tes conseils sur le vécu de la grande
taille ? Et si oui, que leur as-tu confié,
conseillé ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « Oui, ça m'est arrivé plusieurs fois. Fun fact d’ailleurs : je me suis rendu compte que toutes mes amies font à peu près ma taille ! Entre grandes, on doit s'attirer sans le vouloir. Autrement, à chaque nouveau club dans lequel je signe, il y a un centre de formation. Et il y a toujours une jeune grande du centre qui complète l’équipe pro pour les entrainements, voir les matchs. Quand l’occasion se présente, je prends volontiers les jeunes en attente de conseils sous mon aile. La plupart des jeunes que j’ai rencontré comme ça, sont devenues des amies par la suite. J'essaie de les guider par rapport à certaines questions qu’elles peuvent se poser et que je me suis moi-même poser plus jeune. Si je peux les aider à se découvrir, se comprendre, s'accepter, je le fais sans hésiter. Si une fille n'a pas confiance en elle, ça se voit, elle est généralement voûtée... Je leur dis que moi aussi j'ai entendu des "géante", des "grande perche", des "monsieur", ça c'est ce qu'il y a de plus désagréable ! Ce sont des remarques qui nous ont toute atteintes au moins une fois, mais au final, pour en avoir débattu, on se dit que ce n'est pas la fin du monde ! Non, il vaut mieux passer son temps à se construire positivement et s'assumer. Je constate que beaucoup de ces jeunes filles font comme si leur féminité n'existait pas, elles ne prennent pas plaisir à vouloir se sentir belle, mais parce qu'elles ne savent pas forcément comment. Alors, avec elles je parle fringues, les
sites/marques à connaître, etc. Comme ma mère a pu le faire avec moi ! (sourire)
Je pense aussi que le basket c'est l’école de la vie pour les grandes, c'est une chance aussi de ce point de vue : être entourée de filles qui nous ressemblent aide à se sentir mieux. C'est la force du collectif. Quand le clan familial botte en touche sur ce sujet, quand le socle manque, c'est plus compliqué pour une personne de grande taille entourée de personnes de taille moyenne d'assumer sa taille. Il existe aussi dans quelques grandes villes en France des rencontres et des soirées entre "tall girls" ; cela aide aussi à "verbaliser", échanger nos angoisses. Par-contre, ça dépend aussi du contexte où ces soirées ont lieu. Moi je ne suis pas très boîte de nuit car les gens n'ont aucun filtre, hommes comme femmes, et l'alcool n'aide pas certaine situation. Dans un environnement sportif, on est dans un collectif de "tall girls" qui est plus neutre et plus sain pour commencer à s'assumer. »
Nous avons beaucoup parlé du vécu
de la féminité durant cet interview-
portrait (et merci!).
Y'a-t-il des femmes ou des livres
qui t'ont inspirés ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « Excepté "Miracle Morning" d'Hal Elrod que je cite souvent - et c'est la base, le numéro 1 ! -, Le roman "Le philosophe qui n'était pas sage" de Laurent Gounelle est un bouquin qui m'a beaucoup marqué et permis de voir la société d'une autre manière. J’aime aussi "Les Quatre Accords Toltèques" de Miguel Ruiz et "Les langages de l’amour" de Gary Chapman. Là, c’est une petite liste des livres que je considère comme des must-read. Sinon, j'aime beaucoup écouter des podcasts ; dès que je suis en voiture, c'est un réflexe, je mets un podcast. »
Jodie, c'est le basket de haut niveau
et des études dans le domaine de la
gestion de l'environnent.
Et en off ?
Comment marques-tu des pauses ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « Je fais beaucoup de yoga ; le yoga est ma troisième passion ! (sourire) Après, j'aimerais bien tenter autre chose encore. Je suis quelqu'un qui aime dépasser ses peurs, me donner les capacités de tenter et de réussir les choses. Le mannequinat est quelque chose qui m'a toujours travaillé l'esprit par exemple … J’aimerais apprendre à défiler, c’est quelque chose qui au
fond, me fait peur, être soumis au regard du public; mais c’est ça aussi qui me donnera un bon shoot d’adrénaline. Et en soi, j’affronte déjà le regard de monsieur tout le monde tous les jours (rires). En tout cas, pour l’instant, aucune opportunité ne s’est présentée à moi. En fait, au basket, on vit beaucoup d'émotions, on vibre, il y a de l'adrénaline,… J'aimerais bien trouver une autre activité où je ressentirais cela. »
Et pourquoi pas le théâtre ?
Dans ton parcours,
tu as déjà surmonté le challenge
de prendre la parole en public
pour partager ton expérience d'athlète
lors de conférences.
Tu as donc déjà vécu ces sensations
de trouillomètre, puis d'adrénaline
une fois que tu es lancée …
Jodie Cornélie Sigmundová : « Hey ! Pourquoi pas oui ! Qui sait, tu viens peut-être de mettre un point sur ma prochaine aventure ?! L'idée me plaît bien. Ca me permettrait de verbaliser des émotions… Hum, à réfléchir … » (rires)
Tu viens de dire :
"verbaliser des émotions".
T'est-il déjà arrivé d'être sollicitée par
des jeunes filles pour obtenir
tes conseils sur le vécu de la grande
taille ? Et si oui, que leur as-tu confié,
conseillé ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « Oui, ça m'est arrivé plusieurs fois. Fun fact d’ailleurs : je me suis rendu compte que toutes mes amies font à peu près ma taille ! Entre grandes, on doit s'attirer sans le vouloir. Autrement, à chaque nouveau club dans lequel je signe, il y a un centre de formation. Et il y a toujours une jeune grande du centre qui complète l’équipe pro pour les entrainements, voir les matchs. Quand l’occasion se présente, je prends volontiers les jeunes en attente de conseils sous mon aile. La plupart des jeunes que j’ai rencontré comme ça, sont devenues des amies par la suite. J'essaie de les guider par rapport à certaines questions qu’elles peuvent se poser et que je me suis moi-même poser plus jeune. Si je peux les aider à se découvrir, se comprendre, s'accepter, je le fais sans hésiter. Si une fille n'a pas confiance en elle, ça se voit, elle est généralement voûtée... Je leur dis que moi aussi j'ai entendu des "géante", des "grande perche", des "monsieur", ça c'est ce qu'il y a de plus désagréable ! Ce sont des remarques qui nous ont toute atteintes au moins une fois, mais au final, pour en avoir débattu, on se dit que ce n'est pas la fin du monde ! Non, il vaut mieux passer son temps à se construire positivement et s'assumer. Je constate que beaucoup de ces jeunes filles font comme si leur féminité n'existait pas, elles ne prennent pas plaisir à vouloir se sentir belle, mais parce qu'elles ne savent pas forcément comment. Alors, avec elles je parle fringues, les
sites/marques à connaître, etc. Comme ma mère a pu le faire avec moi ! (sourire)
Je pense aussi que le basket c'est l’école de la vie pour les grandes, c'est une chance aussi de ce point de vue : être entourée de filles qui nous ressemblent aide à se sentir mieux. C'est la force du collectif. Quand le clan familial botte en touche sur ce sujet, quand le socle manque, c'est plus compliqué pour une personne de grande taille entourée de personnes de taille moyenne d'assumer sa taille. Il existe aussi dans quelques grandes villes en France des rencontres et des soirées entre "tall girls" ; cela aide aussi à "verbaliser", échanger nos angoisses. Par-contre, ça dépend aussi du contexte où ces soirées ont lieu. Moi je ne suis pas très boîte de nuit car les gens n'ont aucun filtre, hommes comme femmes, et l'alcool n'aide pas certaine situation. Dans un environnement sportif, on est dans un collectif de "tall girls" qui est plus neutre et plus sain pour commencer à s'assumer. »
Nous avons beaucoup parlé du vécu
de la féminité durant cet interview-
portrait (et merci!).
Y'a-t-il des femmes ou des livres
qui t'ont inspirés ?
Jodie Cornélie Sigmundová : « Excepté "Miracle Morning" d'Hal Elrod que je cite souvent - et c'est la base, le numéro 1 ! -, Le roman "Le philosophe qui n'était pas sage" de Laurent Gounelle est un bouquin qui m'a beaucoup marqué et permis de voir la société d'une autre manière. J’aime aussi "Les Quatre Accords Toltèques" de Miguel Ruiz et "Les langages de l’amour" de Gary Chapman. Là, c’est une petite liste des livres que je considère comme des must-read. Sinon, j'aime beaucoup écouter des podcasts ; dès que je suis en voiture, c'est un réflexe, je mets un podcast. »
1MÊTRE90 suit de près l'actualité de Jodie Cornélie Sigmundová et tient régulièrement à jour les informations de sa page dédiée à son parcours et palmarès :
Jodie publie ses moments de vie professionnelle et parfois perso sur son compte Instagram qu'1MÊTRE90 vous invite à suivre !
remerciements
1MÊTRE90 remercie Jodie d'avoir accepté cette interview et confié ses photographies pour l'illustrer.
1MÊTRE90 remercie également la Fédération Française de Basketball (https://www.ffbb.com/) ainsi que l'Union Féminine Angers Basket 49 (https://www.ufab49.com/) pour leurs autorisations d'exploitations photographiques.
interviews à [re-] découvrir ...
|
soyez à l'affût |
| tout 1MÊTRE90 |
| accueil tall people tall mode |
| tall sports tall life |
|
écrire à 1MÊTRE90 : formulaire de contact |
|
soyez à l'affût |
|
|
| tout 1MÊTRE90 |
| tall sports tall life |
|
écrire à 1MÊTRE90 : formulaire de contact |
|
|
|
|