LE WEB MAGAZINE DES GRANDES PERSONNES

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interview - portrait

© Helena Ciak

Publiée le 01 décembre 2025

Helena Ciakex-basketteuse pro
3x3 & 5x5

Helena Ciakex-basketteuse pro
3x3 & 5x5

Helena Ciak est une ex-basketteuse professionnelle 3x3 et 5x5 internationale française, ayant évolué au poste de pivot jusqu'à sa retraite sportive en décembre 2024, à 35 ans. 

Passée par les clubs hexagonaux les plus prestigieux (Lattes-Montpellier, Bourges, Lyon ASVEL et Villeneuve d'Ascq) et le Dynamo Koursk en Russie, l'athlète comptabilise à son palmarès notamment trois titres de championne de France de Basket (2014, 2015, 2023), 137 sélections en Équipe de France 5x5, trois médailles d’argent aux championnats d’Europe (2015, 2017 et 2021), une médaille d'or en EuroLigue (2017), deux médailles d'or en EuroCoupe (2019, 2023) et une médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2021.

 

Pour 1MÊTRE90, Helena a accepté de se confier sur son parcours, au travers du vécu de sa grande taille : 1m96.

 

Retour sur son enfance d'une tête de plus, sur ses débuts sur les parquets à 11 ans, coachée par son père l'ancien basketteur international polonais Piotr Ciak, et sur sa détermination à atteindre le haut niveau en écoutant ses propres convictions.

Confidences également sur les moments clefs de sa carrière, ses petites victoires personnelles et sa reconversion professionnelle qu'elle savoure avec enthousiasme.

© Helena Ciak

«

Quand je me revois jeune, avec ma personnalité d'introvertie, tellement à l'opposé de ce que je suis aujourd'hui…

Le basket a vraiment fait toute mon éducation.

D'ailleurs, j'ai pris l'habitude maintenant quand je me présente de dire que j'ai fait un BAC + 15 Basketball !!!

»

© Helena Ciak

 Quelle enfant étais-tu ? 

Helena Ciak : « Beaucoup de gens vont être surpris, mais enfant j'étais complètement à l'opposé de ce que je suis aujourd'hui ! (sourire). J'étais hyper réservée, hyper timide, très introvertie ; j'avais tendance à toujours à me mettre à l'écart, en dehors des groupes… Même en famille ! Je me rappelle d'une photo avec tous mes cousins, cousines, où je suis placée très en retrait d'eux. Sur une autre photo de groupe encore, je suis sur le côté, je regarde dans les airs, je suis là sans être là. Je ne sais pas trop comment me définir à cette période, j'éprouvais comme un sentiment d'infériorité vis-à-vis des autres en général, je n'arrivais pas à sentir qu'il y avait une place pour moi. À l'école, par peur des autres, j'attendais toujours, par exemple, qu'on vienne me chercher pour jouer … Par-contre, ouais, j'étais un peu garçon manqué ! (rires) J'aimais plus traîner avec les garçons qu'avec les filles. J'ai un peu joué à la Barbie, mais je préférais clairement jouer au foot - alors que j'étais nulle !  - (rires)
Ma timidité s'est effacée progressivement à partir du moment où j'ai débuté le basket, à 11 ans. À partir de là, j'ai commencé à profiter de chaque instant présent. J'étais avec mes copines, mes coéquipières, on partageait les mêmes valeurs, les mêmes objectifs. J'ai appris à m'ouvrir à elles, à l'ensemble du groupe, à prendre la parole et à m'affirmer, aussi, en évoluant sur le terrain. 
C'est vraiment le basket, oui, qui m'a permis d' avoir confiance en moi, à m'accepter. Accepter ma taille aussi car j'ai compris qu'elle pouvait devenir l'un de mes atouts, un outil à exploiter en quelque sorte. Et puis, au club, j'étais tout le temps entourée de grands et de grandes. Avec eux, il n'y avait pas de critiques, contrairement à l'école. Waouh... Je me sentais enfin bien quelque part !" Je peux dire que je suis devenue - vraiment - extravertie (rires) à partir de mes 18-19 ans !  
» 


 

 La grande taille était-elle un sujet 
 de conversation à la maison ?
 


Helena Ciak : « Oui, c'en était un parce que j'en ai quand même profondément souffert. Génétique oblige, mon père mesure 2m18, donc je savais que j'allais beaucoup continuer à grandir. Alors, pour le basket, c'est génial, mais dans la vie de tous les jours par-contre, on est en dehors de toute norme.
Les photos de classe était le moment de l'année que je redoutais le plus car tous les ans, je savais que j'allais être relayée au fond. Les années collèges ont été assez dures. J'ai eu une poussée de croissance en 3ème, j'ai pris 10 cm en un an ; c'était la période la plus compliquée à vivre pour moi. Mes camarades ne m'ont pas fait de cadeau. À un tel point qu'il y a eu un épisode où je n'avais plus envie d'aller à l'école. J'étais terrorisée du regard que les autres portait sur moi, de leurs remarques. Donc, à la maison, oui, on en parlait car j'étais très triste. Mes proches me soutenaient, cherchaient les mots pour me rassurer … 
Mais beaucoup de photos finalement illustrent cette période de ma vie quand j'y repense. J'ai souvenir d'une autre où je devais avoir cinq, six ans max - ou alors c'était en fin de maternelle -, à l'occasion d'un carnaval où tous les enfants étaient déguisés. Sur la photo, on me voit en pleurs me rapprocher de ma mère. Quand je lui ai demandé plus tard, pourquoi je pleurais sur cette photo, elle m'a répondu que c'était parce que les autres enfants ne voulaient pas jouer avec moi…
Mais en parler aujourd'hui, ça va, c'est ok, parce que, je le disais, le basket m'a énormément aidé. Je n'ai aujourd'hui plus de complexe par rapport à ma taille parce que je l'assume tout simplement ! » (grand sourire)

 

 

 Tu dis avoir pris 10 cm en un an, 
 as-tu souvenir d'avoir ressenti des douleurs ? 

 

Helena Ciak (elle réfléchit) : « J'ai surtout eu, de mémoire, des douleurs un peu au niveau du dos. J'ai aussi porté des sortes de semelles à un moment car je ressentais une gêne au niveau du tendon d'Achille. Après, je ne sais pas si c'est réellement lié à ma croissance ou au fait d'avoir imposé très tôt à mon corps à une intensité physique maximum. Sinon, je n'ai pas eu plus d'impacts physiques que ça, liés à ma croissance. »

 

 

 Tu as commencé le basket à 11 ans. 
 As-tu pratiqué d'autres sports avant 
 ou en parallèle ? 

 

Helena Ciak : « En parallèle, non, mais avant, oui, j'ai joué au tennis pendant deux ans. Je ne sais pas pourquoi le choix de ce sport, j'aimais bien tout simplement. J'ai même quelque part à la maison une petite coupe gagnée à un tournoi, où j'ai fini deuxième. J'avais perdu en finale. » (sourire)

 

 

 Quels étaient tes rêves ? 


Helena Ciak : « Oh, je n'avais pas tellement de rêves ou d'idées de métier, mais comme j'aimais les animaux, je m'imaginais peut-être devenir vétérinaire. C'était une piste que j'avais en tête jusqu'à mon stage de 3ème, dans une clinique vétérinaire. J'ai vu un chat se faire euthanasier et j'ai aussi assisté à l'opération d'un chien qui a mal tourné : il  est mort sur le coup ! J'ai vraiment pleuré toutes les larmes de mon corps et me suis résignée, c'était impossible de faire un métier comme ça ! »

 

 

 À quel moment as-tu envisagé le basket
 comme la voie professionnelle à suivre ?

 

Helena Ciak : « Tard, à mes 17-18 ans. Pourtant depuis toujours, mon père a tout fait pour que je suive ses traces ! Il a joué notamment 80 sélections dans l'Équipe nationale polonaise. Il a été mon premier entraîneur quand j'étais avec les poussines, puis avec les benjamines ; aujourd'hui on dit "U11" et "U13". Il était très dur avec moi, plus qu'avec les autres d'ailleurs… Voilà, le caractère bien polonais, le caractère très dur, très froid des pays de l'est ! (rires) Il me poussait pour que je prétende au haut niveau, comme lui. Mais moi, je ne l'entendais pas du tout comme ça ; je faisais du basket juste pour le plaisir de jouer avec mes copines et de les retrouver deux fois par semaine ! À aucun moment, je n'avais l'objectif de devenir une basketteuse professionnelle ! Ça a d'ailleurs été une période difficile dans notre relation père - fille ; on s'est vraiment beaucoup fritté à ce sujet… Le dimanche, il m'emmenait m'entraîner à la salle … Il se projetait vraiment beaucoup pour moi. Il voulait que je fasse l'INSEP, que j'intègre l'Équipe de France jeune, bref que je fasse tous les efforts et que je suive le parcours 'normal', on va dire, pour y parvenir … Et moi, je lui tenais tête parce que je n'avais tout simplement pas confiance en moi, sur le terrain, comme en dehors. Je ne me sentais pas prête à quitter ma famille, mes amis d'enfance, ma région, mes repères, mon cocon finalement. Donc plusieurs fois ça a été super compliqué entre nous, hyper tendu. Heureusement, ma mère qui n'aimait pas les tensions était là pour temporiser …
Donc le déclic, je l'ai eu après mon BAC. Au lycée, j'avais choisi une filière assez large, j'ai fait un BAC scientifique car je ne savais pas exactement ce que je voulais faire. Vétérinaire, j'avais donc abandonné l'idée. Je me suis retrouvée sans plan B et toutes les sollicitations que j'avais eues par rapport au basket, je les avais refusées. C'est en prenant du temps pour réfléchir à mon orientation que j'ai entendu cette petite voix en moi qui me disait : "Helena, réfléchit, il faut que tu tentes quand même ! Essaie ! Sinon, tu le regretteras peut-être toute ta vie !" »

 enfance  

 Quelle enfant étais-tu ? 

Helena Ciak : « Beaucoup de gens vont être surpris, mais enfant j'étais complètement à l'opposé de ce que je suis aujourd'hui ! (sourire). J'étais hyper réservée, hyper timide, très introvertie ; j'avais tendance à toujours à me mettre à l'écart, en dehors des groupes… Même en famille ! Je me rappelle d'une photo avec tous mes cousins, cousines, où je suis placée très en retrait d'eux. Sur une autre photo de groupe encore, je suis sur le côté, je regarde dans les airs, je suis là sans être là. Je ne sais pas trop comment me définir à cette période, j'éprouvais comme un sentiment d'infériorité vis-à-vis des autres en général, je n'arrivais pas à sentir qu'il y avait une place pour moi. À l'école, par peur des autres, j'attendais toujours, par exemple, qu'on vienne me chercher pour jouer … Par-contre, ouais, j'étais un peu garçon manqué ! (rires) J'aimais plus traîner avec les garçons qu'avec les filles. J'ai un peu joué à la Barbie, mais je préférais clairement jouer au foot - alors que j'étais nulle !  - (rires)
Ma timidité s'est effacée progressivement à partir du moment où j'ai débuté le basket, à 11 ans. À partir de là, j'ai commencé à profiter de chaque instant présent. J'étais avec mes copines, mes coéquipières, on partageait les mêmes valeurs, les mêmes objectifs. J'ai appris à m'ouvrir à elles, à l'ensemble du groupe, à prendre la parole et à m'affirmer, aussi, en évoluant sur le terrain. 
C'est vraiment le basket, oui, qui m'a permis d' avoir confiance en moi, à m'accepter. Accepter ma taille aussi car j'ai compris qu'elle pouvait devenir l'un de mes atouts, un outil à exploiter en quelque sorte. Et puis, au club, j'étais tout le temps entourée de grands et de grandes. Avec eux, il n'y avait pas de critiques, contrairement à l'école. Waouh... Je me sentais enfin bien quelque part !" Je peux dire que je suis devenue - vraiment - extravertie (rires) à partir de mes 18-19 ans ! 
» 


 

 La grande taille était-elle un sujet de conversation à la maison ? 

Helena Ciak : « Oui, c'en était un parce que j'en ai quand même profondément souffert. Génétique oblige, mon père mesure 2m18, donc je savais que j'allais beaucoup continuer à grandir. Alors, pour le basket, c'est génial, mais dans la vie de tous les jours par-contre, on est en dehors de toute norme. 
Les photos de classe était le moment de l'année que je redoutais le plus car tous les ans, je savais que j'allais être relayée au fond. Les années collèges ont été assez dures. J'ai eu une poussée de croissance en 3ème, j'ai pris 10 cm en un an ; c'était la période la plus compliquée à vivre pour moi. Mes camarades ne m'ont pas fait de cadeau. À un tel point qu'il y a eu un épisode où je n'avais plus envie d'aller à l'école. J'étais terrorisée du regard que les autres portait sur moi, de leurs remarques. Donc, à la maison, oui, on en parlait car j'étais très triste. Mes proches me soutenaient, cherchaient les mots pour me rassurer … 
Mais beaucoup de photos finalement illustrent cette période de ma vie quand j'y repense. J'ai souvenir d'une autre où je devais avoir cinq, six ans max - ou alors c'était en fin de maternelle -, à l'occasion d'un carnaval où tous les enfants étaient déguisés. Sur la photo, on me voit en pleurs me rapprocher de ma mère. Quand je lui ai demandé plus tard, pourquoi je pleurais sur cette photo, elle m'a répondu que c'était parce que les autres enfants ne voulaient pas jouer avec moi…
Mais en parler aujourd'hui, ça va, c'est ok, parce que, je le disais, le basket m'a énormément aidé. Je n'ai aujourd'hui plus de complexe par rapport à ma taille parce que je l'assume tout simplement ! » (grand sourire)

 

 

 Tu dis avoir pris 10 cm en un an, 
 as-tu souvenir d'avoir ressenti des douleurs ? 

 

Helena Ciak (elle réfléchit) : « J'ai surtout eu, de mémoire, des douleurs un peu au niveau du dos. J'ai aussi porté des sortes de semelles à un moment car je ressentais une gêne au niveau du tendon d'Achille. Après, je ne sais pas si c'est réellement lié à ma croissance ou au fait d'avoir imposé très tôt à mon corps à une intensité physique maximum. Sinon, je n'ai pas eu plus d'impacts physiques que ça, liés à ma croissance. »

 

 

 Tu as commencé le basket à 11 ans. 
 As-tu pratiqué d'autres sports avant ou en parallèle ? 

 

Helena Ciak : « En parallèle, non, mais avant, oui, j'ai joué au tennis pendant deux ans. Je ne sais pas pourquoi le choix de ce sport, j'aimais bien tout simplement. J'ai même quelque part à la maison une petite coupe gagnée à un tournoi, où j'ai fini deuxième. J'avais perdu en finale. » (sourire)

 

 

 Quels étaient tes rêves ? 


Helena Ciak : « Oh, je n'avais pas tellement de rêves ou d'idées de métier, mais comme j'aimais les animaux, je m'imaginais peut-être devenir vétérinaire. C'était une piste que j'avais en tête jusqu'à mon stage de 3ème, dans une clinique vétérinaire. J'ai vu un chat se faire euthanasier et j'ai aussi assisté à l'opération d'un chien qui a mal tourné : il  est mort sur le coup ! J'ai vraiment pleuré toutes les larmes de mon corps et me suis résignée, c'était impossible de faire un métier comme ça ! »

 

 

 À quel moment as-tu envisagé le basket comme 
 la voie professionnelle à suivre ?

 

Helena Ciak : « Tard, à mes 17-18 ans. Pourtant depuis toujours, mon père a tout fait pour que je suive ses traces ! Il a joué notamment 80 sélections dans l'Équipe nationale polonaise. Il a été mon premier entraîneur quand j'étais avec les poussines, puis avec les benjamines ; aujourd'hui on dit "U11" et "U13". Il était très dur avec moi, plus qu'avec les autres d'ailleurs… Voilà, le caractère bien polonais, le caractère très dur, très froid des pays de l'est ! (rires) Il me poussait pour que je prétende au haut niveau, comme lui. Mais moi, je ne l'entendais pas du tout comme ça ; je faisais du basket juste pour le plaisir de jouer avec mes copines et de les retrouver deux fois par semaine ! À aucun moment, je n'avais l'objectif de devenir une basketteuse professionnelle ! Ça a d'ailleurs été une période difficile dans notre relation père - fille ; on s'est vraiment beaucoup fritté à ce sujet… Le dimanche, il m'emmenait m'entraîner à la salle … Il se projetait vraiment beaucoup pour moi. Il voulait que je fasse l'INSEP, que j'intègre l'Équipe de France jeune, bref que je fasse tous les efforts et que je suive le parcours 'normal', on va dire, pour y parvenir … Et moi, je lui tenais tête parce que je n'avais tout simplement pas confiance en moi, sur le terrain, comme en dehors. Je ne me sentais pas prête à quitter ma famille, mes amis d'enfance, ma région, mes repères, mon cocon finalement. Donc plusieurs fois ça a été super compliqué entre nous, hyper tendu. Heureusement, ma mère qui n'aimait pas les tensions était là pour temporiser …
Donc le déclic, je l'ai eu après mon BAC. Au lycée, j'avais choisi une filière assez large, j'ai fait un BAC scientifique car je ne savais pas exactement ce que je voulais faire. Vétérinaire, j'avais donc abandonné l'idée. Je me suis retrouvée sans plan B et toutes les sollicitations que j'avais eues par rapport au basket, je les avais refusées. C'est en prenant du temps pour réfléchir à mon orientation que j'ai entendu cette petite voix en moi qui me disait : "Helena, réfléchit, il faut que tu tentes quand même ! Essaie ! Sinon, tu le regretteras peut-être toute ta vie !" »

© Antoine Campa / FFBB

  vocation  

 Quel regard portes-tu sur ton parcours 
 de basketteuse ? 


Helena Ciak : « Je dirais que j'ai vécu ma carrière étape par étape et que j'ai décidé de passer chacune d'elles au moment seul où je me sentais prête personnellement à les franchir. J'ai débuté en Ligue 2 avec pour objectif de monter en Ligue 1 ; ce que j'ai réalisé un an plus tard. Mon deuxième objectif était de jouer à Bourges, qui était déjà l'un des meilleurs clubs féminins du Championnat à l'époque et de jouer en Euroligue ; objectifs accomplis ! J'avais aussi l'ambition de jouer en Équipe de France 5x5 ; j'ai été sélectionnée 137 fois entre 2014 et 2023. J'ai participé aux JO de Rio en 2016 et à ceux de Tokyo en 2021... Partir jouer à l'étranger était un autre de mes grands objectifs ; je l'ai réalisé en 2016. Et enfin, revenir jouer en France pour décrocher d'autres titres. »

 

 Revenons sur chacune de ces étapes "clefs" … 

 La première : en 2010, alors amateure, 
 tu décides de te lancer
dans une carrière pro 
 et intègre le Roche Vendée Basket Club. 

 En 2011, tu rejoins le Perpignan Basket 66 
 et décroches
le titre de Championnes de France  de Ligue 2. En  2012, tu entres en Ligue 1 avec   Basket-Lattes Montpellier. 

 

 Quelles ont été les coulisses de ces premières années où tu as vécu une progression si rapide ?

Helena Ciak : « Rapide, c'est vrai. C'est au fur et à mesure de ma saison 2009-2010 à l'USM Saran que j'ai commencé à trouver que le niveau de jeu était devenu un peu trop facile pour moi… Je vivais le basket un peu comme une routine… Je m'ennuyais de jouer toujours contre les mêmes adversaires. Je trouvais que le niveau de jeu n'évoluait pas, stagnait. J'ai ressenti de nouveau le besoin de challenge, de passer un cap. C'est à partir de cette prise de conscience que j'ai pris la décision de devenir basketteuse pro et que j'ai opéré un vrai changement radical dans mes habitudes. Moi qui étais très fine, pas du tout musclée, j'ai débuté la muscu et me suis vite sentie hyper motivée parce que je voyais des résultats positifs. J'ai progressé aussi grâce à un entraîneur qui m'a fait la "misère" pendant un an ; il s'en est d'ailleurs excusé en fin d'année ! (rires) Mais j'avais compris que s'il me poussait dans mes retranchements c'était parce qu'il croyait en moi. C'est dans la dureté que je sentais que je progressais. Petit à petit, j'ai pris conscience de ma transformation et tout a commencé à aller mieux, en fait : dans mon esprit, je devenais capable ! (sourire) 
C'est discutant avec mes parents et les différents coachs que j'ai pris l'initiative de contacter dans un premier temps des clubs de National 1, puis des clubs de Ligue 2 - tu vois dans quel ordre ! (sourire) - pour me renseigner sur leurs sessions de sélections. Je n'ai démarché volontairement aucun club de Ligue 1 car je ne me voyais pas, n'espérerais pas, être prête pour jouer à un niveau au-dessus !
Tu l'as dit : en 2011, j'ai débuté ma première année pro avec La Roche Vendée. L'année suivante, j'ai intégré la LFB au Perpignan Basket 66 - avec qui on a été sacré Championnes de France de Ligue 2 ! - Et en 2013, je rejoins la Ligue 1 avec Basket-Lattes Montpellier. Alors résumé comme ça, ça semble simple ! Mais ces premières années ne l'ont pas du tout été ! 
Quitter ma famille m'a demandé beaucoup de temps d'adaptation. Je pleurais beaucoup, j'étais à fleur de peau. Je me posais beaucoup de questions : est-ce que je fais le bon choix ? Je me dévalorisais tout le temps. C'était le grand écart permanent au niveau des émotions. Mes proches m'ont toujours encouragé à garder le cap. Ma famille a toujours été mon pilier, un soutien infaillible, ma force, mon énergie. 
L'expérience m'a appris la résilience.
Mais plusieurs fois, j'ai eu des doutes, oui, beaucoup de doutes ! Je me souviens de mes débuts dans mon tout premier club de Ligue 2, la plupart de joueuses étaient déjà des semi-pro en contrat - ce qui n'était pas si fréquent à l'époque - ; j'ai fortement ressenti leurs jugements sur moi ; je n'avais pas le même cursus qu'elles, qui étaient passées par des centres de formation… Et pourtant, les coachs, eux, me portaient de l'attention. Il y avait beaucoup de concurrence, de pression de leur part de ces filles, de la part de tout le monde en général et de moi-même aussi envers moi. Je me disais : "Ok : être grande, c'est hyper recherché. Ok : t'es grande, ok, c'est super, et après ? T'es là, tu as été choisie et après ?" Je me comparais tout le temps aux autres basketteuses et me disais : "Purée … T'as du boulot, mais qu'est-ce que tu fais-là ?!!!" Alors, je me suis mise à bosser encore plus, avec encore plus de discipline, encore plus de rigueur pour prouver que j'étais à ma place. 
Mais tout au long de ma carrière d'ailleurs, je me suis toujours beaucoup donnée pour prouver que j'avais ma place, tout le temps ! » 

 

 Le syndrome de l'imposteur ? … 

Helena Ciak : « Oui, exactement, c'est ça, je crois que le syndrome de l'imposteur m'a toujours accompagné à chaque étape. Et à chaque fois, je n'ai jamais compris sur le moment pourquoi j'étais là, au milieu de ces joueuses tellement talentueuses ! Mais aujourd'hui encore… Dès que l'attention se porte sur moi ou qu'on me complimente sur ce que je réussis, j'ai toujours un temps d'acceptation ! » (sourire)

 

 En 2014, après avoir joué à Perpignan, 
 puis à Lattes-Montpellier,
tu joues à Bourges, ton deuxième objectif de carrière et avec 
 cette équipe tu gagnes l'EuroCoupe et joues   l'EuroLigue,  un autre de tes rêves …
 


Helena Ciak : « Oui, c'était il y a 10 ans et c'était fou. En 2015, on a remporté le Championnat de France et en 2016 l'Euro Coupe. Et cette année-là, en plus, on a disputé les quarts de final de l'EuroLigue ! C'était incroyable ! Je me souviens que le club nous avait dit : "Si on gagne, on fait le trajet retour en jet privé !" Avec les filles, jamais de notre vie, nous n'étions encore montées dans un jet ! Mais ça nous a motivées !!! (rires) On a fait un gros match contre le Dynamo Koursk ; on était littéralement transcendées ! (rires) Et pour l'anecdote, c'est à l'issue de ce match que le staff de l'équipe russe est venue me voir et m'a dit : "On te veut !" »

 

 Un autre de tes objectifs : jouer à l'étranger ?!! 

Helena Ciak : « Oui, mais il me restait encore un an sous contrat avec Bourges et je voulais poursuivre avec mon équipe, honorer mon engagement avec le club jusqu'au bout. C'était normal de le respecter avec tout ce que l'on vivait ensemble. J'ai donc refusé. Et puis, encore une fois, je n'avais pas envie de brûler les étapes, je ne me sentais pas assez mature pour partir à l'étranger. Par la suite, nous n'avons ni joué d'autres pools, ni de plays off contre le Dynamo Koursk. Je n'ai plus eu de contact avec eux. J'ai alors beaucoup ressassé le fait que j'avais peut-être raté l'opportunité de ma vie… Mais bon, je me disais que c'était comme ça que les choses devaient finalement se passer…
Et puis, juste trois jours après la fin de ma deuxième saison, le club russe m'a contacté, il ne m'avait pas oublié ! (sourire) J'ai signé ! » 


 

 Que représentait pour toi le fait de 
 partir jouer à l'étranger ? 


Helena Ciak : « Dans le basket féminin, avoir une expérience à l'étranger c'est s'ouvrir à une autre approche de notre sport. Et jouer en Russie, c'est clairement évoluer dans un autre monde ! Il y a beaucoup plus de moyens mis à disposition. Les meilleures joueuses d'Europe sont réunies pour disputer leur championnat, les infrastructures sont incroyables… On avait un coach espagnol comme assistant qui était super bien… On était vraiment traitées comme des princesses : on voyageait exclusivement en jet privé, on avait un chauffeur particulier… Tout était fait pour que l'on performe. En plus, le statut de joueuse d'étrangère fait que l'on est encore plus attendue ; alors on nous met dans les meilleures conditions possibles pour performer. Après, là-bas, ce n'est pas la fête non plus, tout est très carré, stricte, rigoureux. Et puis, le climat est rude, quand tu te lèves, il fait nuit, l'après-midi, il fait nuit également tôt … Quand tu passes deux ans en Russie - Sandrine Gruda, elle, y est restée dix ans - tu deviens un roc ! Sportivement d'une part, mais humainement aussi tu te renforces. Ma famille, mes amis étaient loin… Ces deux années resteront l'expérience pro la plus douloureuse que j'ai vécue. Pourtant, j'avais de supers coéquipières, mais j'ai ressenti beaucoup de moments de solitude. Quand je suis revenue en France après, mais j'avais une vraie force mentale ! (rires) J'avais une grande confiance en moi, plus rien ne pouvait m'arrêter ou me démotiver ! 
Basket-Lattes Montpellier, le club avec lequel j'avais débuté en Ligue 1, m'avait appelé. Ils m'avaient dit revient jouer avec nous, on monte un super projet, il y aura telle joueuse, telle joueuse … J'étais super contente, je retrouvais de super copines, de super coéquipières. Et puis Montpellier … Montpellier ! Été comme hiver, tu profites du soleil, de la plage … Le cadre de vie est juste incroyable. J'ai terminé MVP de la saison. Si Bourges reste ma meilleure expérience collective de ma carrière, Montpellier reste ma meilleure expérience individuelle. J'étais tellement contente d'aller à la salle, aux entrainements et de gagner des titres avec ce club.
 »

 

 

 Un mot sur tes expériences en 
 Équipes de France 3x3 et 5x5 ? 

 

Helena Ciak : « La première fois que j'ai porté le maillot de l'Équipe de France, c'était en 2012, j'avais 22 ans. Je savais déjà que j'intégrerai l'Équipe de France 5x5 par la suite, c'était sûr. Le 5x5 restait ma priorité ainsi que les Jeux Olympiques de Rio quatre ans plus tard. On m'a contacté pour passer des tests en vue d'intégrer l'équipe nationale pionnière qui irait jouer la Coupe du Monde 3x3 à Athènes. J'ai été curieuse de voir en quoi le 3x3 consistait. Le jeu est très différent que le 5x5 mais facile à capter, à jouer. Les tests ont été concluants pour moi. J'ai adoré l'expérience. En finale, on a remporté la médaille d'argent face aux Etats-Unis. C'est un super souvenir, le spot, à Athènes, était magnifique et le groupe également. Deux ans plus tard, j'ai intégré l'Équipe de France 5x5 avec en ligne de mire les Championnats d'Europe de 2015 où on a décroché la médaille d'argent … Ma première médaille avec l'Équipe de France. C'est fou. Pendant neuf années, j'ai joué avec des coéquipières avec tel niveau de dingue. Et puis il y a eu les Jeux Olympiques, deux fois. C'est plein de beaux souvenirs. »

 

 

  Qui ont été tes modèles ? T'ont marqué ou inspiré ? 


Helena Ciak : « Incontestablement, celles qui m'ont inspirées à mes tous débuts, ce sont toutes les joueuses de l'Équipe de France que l'on avait surnommées les "Braqueuses" ! (sourire) En 2001, j'avais 11 ans et j'ai assisté à l'un de leurs matchs lors du Championnat d'Europe féminin qui se déroulait à Orléans. Ça a été une révélation ! J'ai eu des étoiles plein les yeux pendant tout le match. J'étais fan de la capitaine Yannick Souret (1m75), bien qu'elle ait un poste de jeu différent du mien, puisqu'elle était meneuse. Il y avait aussi Laetitia Moussard (1m91), Sandra Dijon (1m92), Nathalie Lesdema (1m90),  Dominique Tonner (1m92) … Et Isabelle Fijalkowski (1m95), oblige ! Elle était tellement inspirante bien sûr au poste d'intérieur !
Sinon, côté masculin, j'ai aussi été très inspirée par les joueurs de NBA. Le jeu masculin est tellement plus musclé, plus technique, il y a toujours eu ce côté spectacle aussi qui impressionne. J'étais fan absolue de Kobe Bryant (1m98), dans j'avais le maillot !
 »

 

 

 réponses à mes questions complémentaires 

 

 

 Quel regard portes-tu sur ton parcours de basketteuse ? 

Helena Ciak : « Je dirais que j'ai vécu ma carrière étape par étape et que j'ai décidé de passer chacune d'elles au moment seul où je me sentais prête personnellement à les franchir. J'ai débuté en Ligue 2 avec pour objectif de monter en Ligue 1 ; ce que j'ai réalisé un an plus tard. Mon deuxième objectif était de jouer à Bourges, qui était déjà l'un des meilleurs clubs féminins du Championnat à l'époque et de jouer en EuroLigue ; objectifs accomplis ! J'avais aussi l'ambition de jouer en Équipe de France 5x5 ; j'ai été sélectionnée 137 fois entre 2014 et 2023. J'ai participé aux JO de Rio en 2016 et à ceux de Tokyo en 2021... Partir jouer à l'étranger était un autre de mes grands objectifs ; je l'ai réalisé en 2016. Et enfin, revenir jouer en France pour décrocher d'autres titres. »

 

 Revenons sur chacune de ces étapes "clefs" … 

 La première : en 2010, alors amateure, tu décides de te lancer 

 dans une carrière pro et intègre le Roche Vendée Basket Club. 
 En 2011, tu
rejoins le Perpignan Basket 66 et décroches 
 le titre de Championnes de France de Ligue 2. 
 En  2012, tu entres en Ligue 1 avec Basket-Lattes Montpellier. 

 Quelles ont été les coulisses de ces premières années 

 où tu as vécu une progression si rapide ? 

Helena Ciak : « Rapide, c'est vrai. C'est au fur et à mesure de ma saison 2009-2010 à l'USM Saran que j'ai commencé à trouver que le niveau de jeu était devenu un peu trop facile pour moi… Je vivais le basket un peu comme une routine… Je m'ennuyais de jouer toujours contre les mêmes adversaires. Je trouvais que le niveau de jeu n'évoluait pas, stagnait. J'ai ressenti de nouveau le besoin de challenge, de passer un cap. C'est à partir de cette prise de conscience que j'ai pris la décision de devenir basketteuse pro et que j'ai opéré un vrai changement radical dans mes habitudes. Moi qui étais très fine, pas du tout musclée, j'ai débuté la muscu et me suis vite sentie hyper motivée parce que je voyais des résultats positifs. J'ai progressé aussi grâce à un entraîneur qui m'a fait la "misère" pendant un an ; il s'en est d'ailleurs excusé en fin d'année ! (rires) Mais j'avais compris que s'il me poussait dans mes retranchements c'était parce qu'il croyait en moi. C'est dans la dureté que je sentais que je progressais. Petit à petit, j'ai pris conscience de ma transformation et tout a commencé à aller mieux, en fait : dans mon esprit, je devenais capable ! (sourire) 
C'est discutant avec mes parents et les différents coachs que j'ai pris l'initiative de contacter dans un premier temps des clubs de National 1, puis des clubs de Ligue 2 - tu vois dans quel ordre ! (sourire) - pour me renseigner sur leurs sessions de sélections. Je n'ai démarché volontairement aucun club de Ligue 1 car je ne me voyais pas, n'espérerais pas, être prête pour jouer à un niveau au-dessus !
Tu l'as dit : en 2011, j'ai débuté ma première année pro avec La Roche Vendée. L'année suivante, j'ai intégré la LFB au Perpignan Basket 66 - avec qui on a été sacré Championnes de France de Ligue 2 ! - Et en 2013, je rejoins la Ligue 1 avec Basket-Lattes Montpellier. Alors résumé comme ça, ça semble simple ! Mais ces premières années ne l'ont pas du tout été ! 
Quitter ma famille m'a demandé beaucoup de temps d'adaptation. Je pleurais beaucoup, j'étais à fleur de peau. Je me posais beaucoup de questions : est-ce que je fais le bon choix ? Je me dévalorisais tout le temps. C'était le grand écart permanent au niveau des émotions. Mes proches m'ont toujours encouragé à garder le cap. Ma famille a toujours été mon pilier, un soutien infaillible, ma force, mon énergie. 
L'expérience m'a appris la résilience.
Mais plusieurs fois, j'ai eu des doutes, oui, beaucoup de doutes ! Je me souviens de mes débuts dans mon tout premier club de Ligue 2, la plupart de joueuses étaient déjà des semi-pro en contrat - ce qui n'était pas si fréquent à l'époque - ; j'ai fortement ressenti leurs jugements sur moi ; je n'avais pas le même cursus qu'elles, qui étaient passées par des centres de formation… Et pourtant, les coachs, eux, me portaient de l'attention. Il y avait beaucoup de concurrence, de pression de leur part de ces filles, de la part de tout le monde en général et de moi-même aussi envers moi. Je me disais : "Ok : être grande, c'est hyper recherché. Ok : t'es grande, ok, c'est super, et après ? T'es là, tu as été choisie et après ?" Je me comparais tout le temps aux autres basketteuses et me disais : "Purée … T'as du boulot, mais qu'est-ce que tu fais-là ?!!!" Alors, je me suis mise à bosser encore plus, avec encore plus de discipline, encore plus de rigueur pour prouver que j'étais à ma place. 
Mais tout au long de ma carrière d'ailleurs, je me suis toujours beaucoup donnée pour prouver que j'avais ma place, tout le temps ! » 

 

 Le syndrome de l'imposteur ? … 

Helena Ciak : « Oui, exactement, c'est ça, je crois que le syndrome de l'imposteur m'a toujours accompagné à chaque étape. Et à chaque fois, je n'ai jamais compris sur le moment pourquoi j'étais là, au milieu de ces joueuses tellement talentueuses ! Mais aujourd'hui encore… Dès que l'attention se porte sur moi ou qu'on me complimente sur ce que je réussis, j'ai toujours un temps d'acceptation ! » (sourire)

 

 En 2014, après avoir joué à Perpignan, puis à Lattes-Montpellier, 
 tu joues à Bourges, ton deuxième objectif de carrière et avec 
 cette équipe tu gagnes l'EuroCoupe et joues l'EuroLigue, 
 un autre de tes rêves …
 


Helena Ciak : « Oui, c'était il y a 10 ans et c'était fou. En 2015, on a remporté le Championnat de France et en 2016 l'Euro Coupe. Et cette année-là, en plus, on a disputé les quarts de final de l'Euroligue ! C'était incroyable ! Je me souviens que le club nous avait dit : "Si on gagne, on fait le trajet retour en jet privé !" Avec les filles, jamais de notre vie, nous n'étions encore montées dans un jet ! Mais ça nous a motivées !!! (rires) On a fait un gros match contre le Dynamo Koursk ; on était littéralement transcendées ! (rires) Et pour l'anecdote, c'est à l'issue de ce match que le staff de l'équipe russe est venue me voir et m'a dit : "On te veut !" »

 

 Un autre de tes objectifs : jouer à l'étranger ?!! 

Helena Ciak : « Oui, mais il me restait encore un an sous contrat avec Bourges et je voulais poursuivre avec mon équipe, honorer mon engagement avec le club jusqu'au bout. C'était normal de le respecter avec tout ce que l'on vivait ensemble. J'ai donc refusé. Et puis, encore une fois, je n'avais pas envie de brûler les étapes, je ne me sentais pas assez mature pour partir à l'étranger. Par la suite, nous n'avons ni joué d'autres pools, ni de plays off contre le Dynamo Koursk. Je n'ai plus eu de contact avec eux. J'ai alors beaucoup ressassé le fait que j'avais peut-être raté l'opportunité de ma vie… Mais bon, je me disais que c'était comme ça que les choses devaient finalement se passer…
Et puis, juste trois jours après la fin de ma deuxième saison, le club russe m'a contacté, il ne m'avait pas oublié ! (sourire) J'ai signé ! » 


 

 Que représentait pour toi le fait de partir jouer à l'étranger ? 

Helena Ciak : « Dans le basket féminin, avoir une expérience à l'étranger c'est s'ouvrir à une autre approche de notre sport. Et jouer en Russie, c'est clairement évoluer dans un autre monde ! Il y a beaucoup plus de moyens mis à disposition. Les meilleures joueuses d'Europe sont réunies pour disputer leur championnat, les infrastructures sont incroyables… On avait un coach espagnol comme assistant qui était super bien… On était vraiment traitées comme des princesses : on voyageait exclusivement en jet privé, on avait un chauffeur particulier… Tout était fait pour que l'on performe. En plus, le statut de joueuse d'étrangère fait que l'on est encore plus attendue ; alors on nous met dans les meilleures conditions possibles pour performer. Après, là-bas, ce n'est pas la fête non plus, tout est très carré, stricte, rigoureux. Et puis, le climat est rude, quand tu te lèves, il fait nuit, l'après-midi, il fait nuit également tôt … Quand tu passes deux ans en Russie - Sandrine Gruda, elle, y est restée dix ans - tu deviens un roc ! Sportivement d'une part, mais humainement aussi tu te renforces. Ma famille, mes amis étaient loin… Ces deux années resteront l'expérience pro la plus douloureuse que j'ai vécue. Pourtant, j'avais de supers coéquipières, mais j'ai ressenti beaucoup de moments de solitude. Quand je suis revenue en France après, mais j'avais une vraie force mentale ! (rires) J'avais une grande confiance en moi, plus rien ne pouvait m'arrêter ou me démotiver ! 
Basket-Lattes Montpellier, le club avec lequel j'avais débuté en Ligue 1, m'avait appelé. Ils m'avaient dit revient jouer avec nous, on monte un super projet, il y aura telle joueuse, telle joueuse … J'étais super contente, je retrouvais de super copines, de super coéquipières. Et puis Montpellier … Montpellier ! Été comme hiver, tu profites du soleil, de la plage … Le cadre de vie est juste incroyable. J'ai terminé MVP de la saison. Si Bourges reste ma meilleure expérience collective de ma carrière, Montpellier reste ma meilleure expérience individuelle. J'étais tellement contente d'aller à la salle, aux entrainements et de gagner des titres avec ce club.
 »

 

 

 Un mot sur tes expériences en Équipes de France 3x3 et 5x5 ? 

 

Helena Ciak : « La première fois que j'ai porté le maillot de l'Équipe de France, c'était en 2012, j'avais 22 ans. Je savais déjà que j'intégrerai l'Équipe de France 5x5 par la suite, c'était sûr. Le 5x5 restait ma priorité ainsi que les Jeux Olympiques de Rio quatre ans plus tard. On m'a contacté pour passer des tests en vue d'intégrer l'équipe nationale pionnière qui irait jouer la Coupe du Monde 3x3 à Athènes. J'ai été curieuse de voir en quoi le 3x3 consistait. Le jeu est très différent que le 5x5 mais facile à capter, à jouer. Les tests ont été concluants pour moi. J'ai adoré l'expérience. En finale, on a remporté la médaille d'argent face aux Etats-Unis. C'est un super souvenir, le spot, à Athènes, était magnifique et le groupe également. Deux ans plus tard, j'ai intégré l'Équipe de France 5x5 avec en ligne de mire les Championnats d'Europe de 2015 où on a décroché la médaille d'argent … Ma première médaille avec l'Équipe de France. C'est fou. Pendant neuf années, j'ai joué avec des coéquipières avec tel niveau de dingue. Et puis il y a eu les Jeux Olympiques, deux fois. C'est plein de beaux souvenirs. »

 

 

  Qui ont été tes modèles ? T'ont marqué ou inspiré ? 


Helena Ciak : « Incontestablement, celles qui m'ont inspirées à mes tous débuts, ce sont toutes les joueuses de l'Équipe de France que l'on avait surnommées les "Braqueuses" ! (sourire) En 2001, j'avais 11 ans et j'ai assisté à l'un de leurs matchs lors du Championnat d'Europe féminin qui se déroulait à Orléans. Ça a été une révélation ! J'ai eu des étoiles plein les yeux pendant tout le match. J'étais fan de la capitaine Yannick Souret (1m75), bien qu'elle ait un poste de jeu différent du mien, puisqu'elle était meneuse. Il y avait aussi Laetitia Moussard (1m91), Sandra Dijon (1m92), Nathalie Lesdema (1m90),  Dominique Tonner (1m92) … Et Isabelle Fijalkowski (1m95), oblige ! Elle était tellement inspirante bien sûr au poste d'intérieur !
Sinon, côté masculin, j'ai aussi été très inspirée par les joueurs de NBA. Le jeu masculin est tellement plus musclé, plus technique, il y a toujours eu ce côté spectacle aussi qui impressionne. J'étais fan absolue de Kobe Bryant (1m98), dans j'avais le maillot !
»

©  Lenoir / The Agency / FFBB

  fierté 

 Aurais-tu un sentiment de fierté ou un sentiment 
 d'accomplissement à nous partager ?… 
 Un regard plus personnel, introspectif sur ton parcours ? 


Helena Ciak : « C'est quand on s'arrête qu'on fait le bilan, comme on dit ! (sourire) Alors quand je regarde le chemin parcouru, je me dis que ça devait se passer comme ça. Rétrospectivement, je ne changerais mon parcours pour rien au monde.
J’ai vécu des moments extraordinaires, à jamais gravés dans ma mémoire : les titres remportés, du Championnat de France à l’EuroLigue en passant par l’EuroCoupe ; les rassemblements en Équipe de France 3x3, puis 5x5 ; les Jeux Olympiques ; toutes ces compétitions disputées à l’international… Je n'ai aucun regret. Je n'ai pas suivi la voie habituelle pour arriver au haut niveau ; je n'ai pas été accompagnée par un centre de formation. Beaucoup considère l'INSEP presque comme 'LE' passage obligé pour accéder au haut niveau ; je n'ai pas fait l'INSEP. Je ne suis pas non plus passée par les Equipes de France jeunes… C'est mon père qui m'a enseigné toutes les bases du jeu d'intérieur, le jeu dos au panier, le bras roulé, tous les fondamentaux que l'on doit maitriser dans la raquette, etc. Mon père qui, également, tout le long de ma carrière, après chacun de mes matchs, m'appelait pour débriefer, me dire tout de suite ce qui n'avait pas été, les points à retravailler pour continuer à progresser. C'est aussi lui qui m'avait appris dès le départ à bien analyser mes stats : les balles perdues, le nombre de rebonds, etc.
Donc voilà, un parcours atypique dont je suis fière parce que j'ai atteint tous mes objectifs quand j'avais décidé être intimement prête à les atteindre. Je n'ai aucun regret par rapport à ma première partie de vie, on va dire ! Et ensuite, ma reconversion, se passe hyper bien, je suis heureuse. Tout est fluide. Beaucoup d'anciens athlètes passent par une crise identitaire. J'aurais pu la vivre aussi et me dire : "Qui suis-je en dehors de la basketteuse ?" Et en fait non, tout va très bien. Je ne peux pas dire que je ressens un avant et un après carrière, tout s'enchaine bien. Il y a une continuité sans heurt qui s'opère. J'ai même une vie plus active que quand je jouais ! J'ai la chance de rencontrer beaucoup de belles personnes, de vivre plein d'expériences différentes et intéressantes. Ma deuxième vie est aussi belle que la première.
Mon évolution personnelle me rend, aussi, surtout très fière ! Quand je me revois jeune, avec ma personnalité d'introvertie, tellement à l'opposé de ce que je suis aujourd'hui… Le basket a vraiment fait toute mon éducation. D'ailleurs, j'ai pris l'habitude maintenant quand je me présente de dire que j'ai fait un BAC + 15 Basketball !!! » (sourire)


 

 Tu dis ne pas avoir eu de regrets quant à tes choix. 
 As-tu le sentiment néanmoins d'avoir dû faire 
 beaucoup de sacrifices ? 


Helena Ciak : « Non. Pas du tout, pas du tout ! Mais je comprends que certains considèrent la vie d'athlète comme une vie de sacrifices. Moi, j'ai volontairement voué ma vie au basket. J'ai choisi d'être focus sur ma carrière et m'y suis tenue par envie. J'ai été très 'stricte' envers moi-même, rigoureuse au quotidien, j'ai veillé à maintenir une hygiène de vie irréprochable, etc, etc.
Pendant les moments 'off', entre les compétitions ou en après saison, je préférais utiliser mon temps 'libre' pour continuer à m'entraîner pour progresser. Je ne m’arrêtais jamais, c'est vrai, mais c'est cette exigence et cette discipline qui ont été mes moteurs, mon énergie pour réaliser mes objectifs. Je me suis mise dans une bulle, dans ma bulle. Le temps avec ma famille, mes amis, les sorties, les restos, … C'est aujourd'hui que je le vis.
J'ai un autre sentiment de fierté : c'est que tous les gens que j'ai côtoyé tout au long de ma carrière, même des gens de renom, mes amis d'enfance aussi, me disent tous, qu'avec le temps, je suis restée la même : optimiste et joyeuse. C'est le plus beau compliment que l'on puisse me faire, c'est trop important pour moi d'être authentique. Je ne me laisse jamais abattre, je cherche du positif en toute circonstance. Même dans les moments compliqués que j'ai vécus individuellement, dans les périodes où je sentais que je n'avais plus de ressources, plus de munitions, j'ai toujours trouvé le truc qui m'a fait remonter et avancer. Pendant que j'étais en Russie, j'ai beaucoup lu de livres sur le développement personnel ; ça m'a aidé à cultiver cette philosophie. »

 Aurais-tu un sentiment de fierté ou un sentiment 
 d'accomplissement à nous partager ?… 
 Un regard plus personnel, introspectif sur ton parcours ? 


Helena Ciak : « C'est quand on s'arrête qu'on fait le bilan, comme on dit ! (sourire) Alors quand je regarde le chemin parcouru, je me dis que ça devait se passer comme ça. Rétrospectivement, je ne changerais mon parcours pour rien au monde.
J’ai vécu des moments extraordinaires, à jamais gravés dans ma mémoire : les titres remportés, du Championnat de France à l’EuroLigue en passant par l’EuroCoupe ; les rassemblements en Équipe de France 3x3, puis 5x5 ; les Jeux Olympiques ; toutes ces compétitions disputées à l’international… Je n'ai aucun regret. Je n'ai pas suivi la voie habituelle pour arriver au haut niveau ; je n'ai pas été accompagnée par un centre de formation. Beaucoup considère l'INSEP presque comme 'LE' passage obligé pour accéder au haut niveau ; je n'ai pas fait l'INSEP. Je ne suis pas non plus passée par les Equipes de France jeunes… C'est mon père qui m'a enseigné toutes les bases du jeu d'intérieur, le jeu dos au panier, le bras roulé, tous les fondamentaux que l'on doit maitriser dans la raquette, etc. Mon père qui, également, tout le long de ma carrière, après chacun de mes matchs, m'appelait pour débriefer, me dire tout de suite ce qui n'avait pas été, les points à retravailler pour continuer à progresser. C'est aussi lui qui m'avait appris dès le départ à bien analyser mes stats : les balles perdues, le nombre de rebonds, etc.
Donc voilà, un parcours atypique dont je suis fière parce que j'ai atteint tous mes objectifs quand j'avais décidé être intimement prête à les atteindre. Je n'ai aucun regret par rapport à ma première partie de vie, on va dire ! Et ensuite, ma reconversion, se passe hyper bien, je suis heureuse. Tout est fluide. Beaucoup d'anciens athlètes passent par une crise identitaire. J'aurais pu la vivre aussi et me dire : "Qui suis-je en dehors de la basketteuse ?" Et en fait non, tout va très bien. Je ne peux pas dire que je ressens un avant et un après carrière, tout s'enchaine bien. Il y a une continuité sans heurt qui s'opère. J'ai même une vie plus active que quand je jouais ! J'ai la chance de rencontrer beaucoup de belles personnes, de vivre plein d'expériences différentes et intéressantes. Ma deuxième vie est aussi belle que la première.
Mon évolution personnelle me rend, aussi, surtout très fière ! Quand je me revois jeune, avec ma personnalité d'introvertie, tellement à l'opposé de ce que je suis aujourd'hui… Le basket a vraiment fait toute mon éducation. D'ailleurs, j'ai pris l'habitude maintenant quand je me présente de dire que j'ai fait un BAC + 15 Basketball !!! » (sourire)


 

 Tu dis ne pas avoir eu de regrets quant à tes choix. 
 As-tu le sentiment néanmoins d'avoir dû faire 
 beaucoup de sacrifices ? 


Helena Ciak : « Non. Pas du tout, pas du tout ! Mais je comprends que certains considèrent la vie d'athlète comme une vie de sacrifices. Moi, j'ai volontairement voué ma vie au basket. J'ai choisi d'être focus sur ma carrière et m'y suis tenue par envie. J'ai été très 'stricte' envers moi-même, rigoureuse au quotidien, j'ai veillé à maintenir une hygiène de vie irréprochable, etc, etc.
Pendant les moments 'off', entre les compétitions ou en après saison, je préférais utiliser mon temps 'libre' pour continuer à m'entraîner pour progresser. Je ne m’arrêtais jamais, c'est vrai, mais c'est cette exigence et cette discipline qui ont été mes moteurs, mon énergie pour réaliser mes objectifs. Je me suis mise dans une bulle, dans ma bulle. Le temps avec ma famille, mes amis, les sorties, les restos, … C'est aujourd'hui que je le vis.
J'ai un autre sentiment de fierté : c'est que tous les gens que j'ai côtoyé tout au long de ma carrière, même des gens de renom, mes amis d'enfance aussi, me disent tous, qu'avec le temps, je suis restée la même : optimiste et joyeuse. C'est le plus beau compliment que l'on puisse me faire, c'est trop important pour moi d'être authentique. Je ne me laisse jamais abattre, je cherche du positif en toute circonstance. Même dans les moments compliqués que j'ai vécus individuellement, dans les périodes où je sentais que je n'avais plus de ressources, plus de munitions, j'ai toujours trouvé le truc qui m'a fait remonter et avancer. Pendant que j'étais en Russie, j'ai beaucoup lu de livres sur le développement personnel ; ça m'a aidé à cultiver cette philosophie. »

©  Helena Ciak

 en off

 La nouvelle vie d'Helena Ciak… 

 À quel moment as-tu songé à ta reconversion ? 

Helena Ciak : « J'ai commencé à y penser en 2020, pendant le confinement lié à la Covid 19. Ce confinement a été une période hyper anxiogène à vivre. On s'est un peu tous dit : "Ok, t'as du temps de libre, t'en fait quoi ? Et tu fais quoi, si réellement tout s'arrête ?" Ce n'est pas si simple de se projeter dans un autre contexte professionnel quand on a tout donné au basket. J'ai fait une rétrospective de ma carrière et me suis dit : "Ah oui, j'ai joué en Euroligue, j'ai aussi été des années en Équipe de France… Et maintenant, je peux en tirer quoi de ces expériences, hormis des performances et des titres ? ..." J'ai contacté le syndicat des joueurs qui a vraiment su répondre présent auprès de nous tous durant cette période. Ils m'ont donné beaucoup d'informations et de contacts pour étudier vers quels domaines je pourrais éventuellement m'orienter plus tard. Pendant un temps, j’ai envisagé de travailler dans l'immobilier. Puis, j'ai fait un bilan de compétences - comme le font tous les athlètes en phase de reconversion - qui m'a révélé et confirmé beaucoup de choses. On se découvre finalement des acquis, des savoirs qui dépassent le monde du sport et dont on n'a pas conscience… Des atouts qui sont notamment recherchés par le monde de l'entreprise en général. 
En ce qui concerne ma décision de m'arrêter fin décembre 2024, je l'ai prise en raison de l'état de mon genou. Longtemps ma tête m'a dit : "Vas-y continue!", le corps lui disait : "Ça pique quand même !" Au final, ma tête s'est résolue à l'écouter.
 »

 

 Helena Ciak, consultante ?! 
 Tu fais notamment partie du mandat 2025-2029 
 de la Commission des Athlètes de Haut Niveau (CAHN) 
 au sein du Comité national olympique et sportif français (CNOSF).
 Tu nous en dis quelques mots ? 


Helena Ciak : « Il s'agit de séminaires pendant lesquels d'anciens athlètes de haut niveau, de tous sports, échangent sur des thématiques comme la santé mentale des athlètes,  leur suivi socio-professionnel et des accompagnements proposés par les CAHN Fédérales. On est très focus sur les athlètes et les problèmes auxquels ils sont confrontés. Au-delà des réunions stratégiques, ce sont des temps forts qui nous permettent aussi de renforcer nos liens entre nous. Parmi les membres, je côtoie cette année entre autres la volleyeuse, Christina Bauer et mon amie basketteuse Sandrine Gruda. Nous sommes aussi beaucoup en lien avec Amélie Oudéa-Castéra, l'actuelle présidente du Comité national olympique et sportif français. Nos retours d'expériences sont pris en compte dans la préparation des prochains Jeux Olympiques d'Hiver en février 2026 à Milan et dans ceux d'été à Los Angeles, en 2028. C'est très intéressant et gratifiant que nos avis soient pris en compte. »

 

 On poursuit, Helena Ciak : commentatrice sportive ?!  

Helena Ciak : « Oui ! C'est un exercice qui me plaît énormément. Bon, au début, ça n'a pas été tellement évident d'avoir un regard neutre parce que je vivais les matchs comme si j'étais assise sur le banc parmi les joueuses ; sur certaines actions, j'avais très envie d'entrer sur le terrain pour aider les copines !... (rires) Vivre le basket en tant que joueuse et le décrypter pour le raconter avec un ton neutre, c'est quand même très différent. Mais je me suis adaptée ! Je commente les actions comme lorsque je le faisais en club pendant les séances d'analyses vidéo ; je partage mes observations et les détails techniques ; j'explique pourquoi ce tir-là, pourquoi cette joueuse s'est positionnée ainsi … J'ai de bons retours, donc c'est assez gratifiant ! À l'avenir, j'aimerais bien aussi poser les questions directement aux joueuses, les interviewer moi-même. Ce serait un plus qui participerait au plaisir de commenter…» 

 

 Helena Ciak : étudiante ?! 

Helena Ciak : « Effectivement, j'étudie à Limoges, depuis la rentrée de septembre 2025, au Centre de Droit et d'Economie du Sport, le CDES, pour devenir manager général d'un club sportif professionnel comme le sont devenues les anciennes basketteuses Audrey Sauret à l'Elan Béarnais Pau-Lacq-Orthez, Elodie Godin au Tango Bourges Basket ou encore Céline Dumerc à Basket Landes. J'ai fait ma rentrée en septembre dernier et rien qu'en quatre jours, j'ai appris tellement de choses, que dans deux ans, je pense que ça va vraiment être top ! »


 As-tu mis en place une routine tout aussi rigoureuse 
 que celle que t'es imposée pendant plus de 14 ans ? 


Helena Ciak : « Alors… Quand on est athlète, c'est vrai qu'on a un rythme de fou, on fait de beaucoup de voyages, on enchaine les compétitions… Plein de fois, on ressent cette fatigue extrême du corps, une sorte d'usure physique, mais on arrive toujours à se dire à un moment : "Ok, là, maintenant, c'est bon, stop, t'es vraiment fatiguée, il faut que tu te reposes ! " Là… Aujourd'hui, j'ai plutôt tendance à me dire : "Allez... Ça va, ce n’est pas grave… Profite ! " (rires) Non mais en vrai, ça fait dix mois que je me dis qu'il faudrait que je me repose ! (rires) 
Côté sport, ça c'est sûr, je ne peux pas m'arrêter. De toute façon, mon chirurgien m'a dit que j'étais donc condamnée à continuer à en faire quotidiennement pour le soulager. Donc le sport est maintenant devenu une thérapie, il est devenu du bien-être. De toute façon, je savais qu'il me serait impossible d'arrêter d'en faire. Je fais du vélo, du Pilate, continue à faire du renforcement musculaire. J'essaie ou pratique aussi des sports pour lesquels je sais qu'ils n'auront pas d'impacts. Beaucoup d'anciens athlètes s'orientent vers le padel tennis, le sport 'hype' du moment. J'ai essayé, mais je n'ai pas accroché… » 


 

 Dernière question : le haut niveau est synonyme 
 de déplacements nombreux. Avais-tu des astuces 'confort' 
 que tu accepterais de nous partager ?? 


Helena Ciak : « Ah… Les déplacements en avion, au-delà de deux - trois heures de vol, c'était le truc qui m'angoissait. Ne pas avoir la certitude d'être assise à une place en issue de secours me stressait vraiment. Après des astuces… J'utilisais des bottes de pressothérapie, je m'en sers toujours, des bas de contention, ça c'est trop bien. Sinon, pour mon confort, pour m'isoler et me recentrer, j'avais toujours mon casque avec de la musique ou je regardais des séries… Parfois j'étais à fond dans l'intrigue … (rires) Mais en déplacement, j'aimais bien jouer aux cartes avec les filles, tous ces moments de cohésions, les trucs ensembles, ce sont de bons souvenirs, j'adorais ça. »  

 

 

  La nouvelle vie d'Helena Ciak… 

 À quel moment as-tu songé à ta reconversion ? 

Helena Ciak : « J'ai commencé à y penser en 2020, pendant le confinement lié à la Covid 19. Ce confinement a été une période hyper anxiogène à vivre. On s'est un peu tous dit : "Ok, t'as du temps de libre, t'en fait quoi ? Et tu fais quoi, si réellement tout s'arrête ?" Ce n'est pas si simple de se projeter dans un autre contexte professionnel quand on a tout donné au basket. J'ai fait une rétrospective de ma carrière et me suis dit : "Ah oui, j'ai joué en Euroligue, j'ai aussi été des années en Équipe de France… Et maintenant, je peux en tirer quoi de ces expériences, hormis des performances et des titres ? ..." J'ai contacté le syndicat des joueurs qui a vraiment su répondre présent auprès de nous tous durant cette période. Ils m'ont donné beaucoup d'informations et de contacts pour étudier vers quels domaines je pourrais éventuellement m'orienter plus tard. Pendant un temps, j’ai envisagé de travailler dans l'immobilier. Puis, j'ai fait un bilan de compétences - comme le font tous les athlètes en phase de reconversion - qui m'a révélé et confirmé beaucoup de choses. On se découvre finalement des acquis, des savoirs qui dépassent le monde du sport et dont on n'a pas conscience… Des atouts qui sont notamment recherchés par le monde de l'entreprise en général. 
En ce qui concerne ma décision de m'arrêter fin décembre 2024, je l'ai prise en raison de l'état de mon genou. Longtemps ma tête m'a dit : "Vas-y continue!", le corps lui disait : "Ça pique quand même !" Au final, ma tête s'est résolue à l'écouter. »

 

 Helena Ciak: consultante ?! 
 Tu fais notamment partie du mandat 2025-2029 
 de la Commission des Athlètes de Haut Niveau (CAHN) au sein du Comité national olympique et sportif français (CNOSF).
 Tu nous en dis quelques mots ? 


Helena Ciak : « Il s'agit de séminaires pendant lesquels d'anciens athlètes de haut niveau, de tous sports, échangent sur des thématiques comme la santé mentale des athlètes,  leur suivi socio-professionnel et des accompagnements proposés par les CAHN Fédérales. On est très focus sur les athlètes et les problèmes auxquels ils sont confrontés. Au-delà des réunions stratégiques, ce sont des temps forts qui nous permettent aussi de renforcer nos liens entre nous. Parmi les membres, je côtoie cette année entre autres la volleyeuse, Christina Bauer et mon amie basketteuse Sandrine Gruda. Nous sommes aussi beaucoup en lien avec Amélie Oudéa-Castéra, l'actuelle présidente du Comité national olympique et sportif français. Nos retours d'expériences sont pris en compte dans la préparation des prochains Jeux Olympiques d'Hiver en février 2026 à Milan et dans ceux d'été à Los Angeles, en 2028. C'est très intéressant et gratifiant que nos avis soient pris en compte. »

 

 On poursuit, Helena Ciak : 
 commentatrice sportive ?!


Helena Ciak : « Oui ! C'est un exercice qui me plaît énormément. Bon, au début, ça n'a pas été tellement évident d'avoir un regard neutre parce que je vivais les matchs comme si j'étais assise sur le banc parmi les joueuses ; sur certaines actions, j'avais très envie d'entrer sur le terrain pour aider les copines !... (rires) Vivre le basket en tant que joueuse et le décrypter pour le raconter avec un ton neutre, c'est quand même très différent. Mais je me suis adaptée ! Je commente les actions comme lorsque je le faisais en club pendant les séances d'analyses vidéo ; je partage mes observations et les détails techniques ; j'explique pourquoi ce tir-là, pourquoi cette joueuse s'est positionnée ainsi … J'ai de bons retours, donc c'est assez gratifiant ! À l'avenir, j'aimerais bien aussi poser les questions directement aux joueuses, les interviewer moi-même. Ce serait un plus qui participerait au plaisir de commenter…» 

 

 Helena Ciak : étudiante ?! 

Helena Ciak : « Effectivement, j'étudie à Limoges, depuis la rentrée de septembre 2025, au Centre de Droit et d'Economie du Sport, le CDES, pour devenir manager général d'un club sportif professionnel comme le sont devenues les anciennes basketteuses Audrey Sauret à l'Elan Béarnais Pau-Lacq-Orthez, Elodie Godin au Tango Bourges Basket ou encore Céline Dumerc à Basket Landes. J'ai fait ma rentrée en septembre dernier et rien qu'en quatre jours, j'ai appris tellement de choses, que dans deux ans, je pense que ça va vraiment être top ! »


 As-tu mis en place une routine 
 tout aussi rigoureuse que celle que 
 tu t'es imposée pendant plus de 14 ans ? 


Helena Ciak : « Alors… Quand on est athlète, c'est vrai qu'on a un rythme de fou, on fait de beaucoup de voyages, on enchaine les compétitions… Plein de fois, on ressent cette fatigue extrême du corps, une sorte d'usure physique, mais on arrive toujours à se dire à un moment : "Ok, là, maintenant, c'est bon, stop, t'es vraiment fatiguée, il faut que tu te reposes ! " Là… Aujourd'hui, j'ai plutôt tendance à me dire : "Allez... Ça va, ce n’est pas grave… Profite ! " (rires) Non mais en vrai, ça fait dix mois que je me dis qu'il faudrait que je me repose ! (rires) 
Côté sport, ça c'est sûr, je ne peux pas m'arrêter. De toute façon, mon chirurgien m'a dit que j'étais donc condamnée à continuer à en faire quotidiennement pour le soulager. Donc le sport est maintenant devenu une thérapie, il est devenu du bien-être. De toute façon, je savais qu'il me serait impossible d'arrêter d'en faire. Je fais du vélo, du Pilate, continue à faire du renforcement musculaire. J'essaie ou pratique aussi des sports pour lesquels je sais qu'ils n'auront pas d'impacts. Beaucoup d'anciens athlètes s'orientent vers le padel tennis, le sport 'hype' du moment. J'ai essayé, mais je n'ai pas accroché… » 


 

 Dernière question : le haut niveau est synonyme 
 de déplacements nombreux. 
 Avais-tu des astuces 'confort' 
 que tu accepterais de nous partager ?? 


Helena Ciak : « Ah… Les déplacements en avion, au-delà de deux - trois heures de vol, c'était le truc qui m'angoissait. Ne pas avoir la certitude d'être assise à une place en issue de secours me stressait vraiment. Après des astuces… J'utilisais des bottes de pressothérapie, je m'en sers toujours, des bas de contention, ça c'est trop bien. Sinon, pour mon confort, pour m'isoler et me recentrer, j'avais toujours mon casque avec de la musique ou je regardais des séries… Parfois j'étais à fond dans l'intrigue … (rires) Mais en déplacement, j'aimais bien jouer aux cartes avec les filles, tous ces moments de cohésions, les trucs ensembles, ce sont de bons souvenirs, j'adorais ça. »  

  actualité

Clubs, titres, distinctions personnelles, 1MÊTRE90 vous invite à (re) découvrir la page dédiée au parcours et au palmarès d'Helena Ciak, page dont le contenu a été certifié par Helena en personne !

Helena publie les moments de sa nouvelle vie professionnelle sur son compte Instagram qu'1MÊTRE90 vous invite à suivre !

 remerciements 

1MÊTRE90 remercie Helena Ciak d'avoir accepté cette interview.


1MÊTRE90 remercie également la Fédération Française de Basketball (https://www.ffbb.com) de sa collaboration et de son aurorisation de libre exploitation des photographies officielles d'Helena.

 

 

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