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interview - portrait 

©  FFHG • Antoine Touchard

publiée le 22 mai 2026

Lore Baudrithockeyeuse
sur glace

Lore Baudrithockeyeuse
sur glace

Recordwoman de sélections en Équipe de France (255), l'attaquante et capitaine des Bleues, Lore Baudrit vient tout juste de prendre sa retraite sportive, après avoir mené une carrière internationale au Canada, en Suède et en Allemagne, participé aux Jeux Olympiques de Milano-Cortina - son rêve depuis toujours - et décroché l'or au Championnat du Monde de Division 1A, le 18 avril dernier.

Pour 1MÊTRE90, Lore a accepté de se confier sur son parcours, au travers du vécu de sa grande taille : 1m90

Retour sur son enfance d'une tête de plus, sur la naissance de sa vocation et sur sa détermination, dès son plus jeune âge, à atteindre le haut niveau.

Confidences également sur son expérience sportive personnelle, ses convictions d'athlète et son engagement pour faire grandir le Hockey féminin.

© Lore Baudrit

«

Il y a beaucoup de moments pendant notre carrière où on se dit qu'on se met quand même un peu, beaucoup, en difficulté financièrement pour le Hockey. 

 

Il y a des fois où tu es vraiment en galère et tu vois des gens à côté de toi qui ont une 'vie normale', qui partent en vacances, qu'achètent une maison… 

 

Et toi, tu te dis : "Punaise, mais nous à côté, on est en galère…"


Mais après tu vas aux JO, tu enchaînes avec un Championnat du Monde, tu vis des choses comme ça, incroyables, et tu te dis : "Hey, bon, allez, ça en valait la peine quand même !"

»

© Lore Baudrit

 Quelle enfant étiez-vous ? 

 

Lore Baudrit : « D'après ce que mes parents m'ont dit un jour, j'étais une enfant très énergique. J'ai toujours aimé bouger, être dehors, faire du sport … Et puis, j'avais aussi pas mal de caractère ! Je n'avais pas vraiment ma langue dans ma poche, on va dire ! (rires)
J'ai toujours été grande et j'ai toujours considéré ma taille comme une force. Il m'est arrivé d'ailleurs d'en jouer, par moment, pour défendre "les plus faibles", entre guillemets, dans la cour de l'école et même, plus tard, dans mon sport. Il y a toujours eu chez moi ce côté un peu "à vouloir défendre la veuve et l'orphelin", à me révolter contre ce qui me paraissait injuste.
 »


 

 Vous mesurez 1m90. 
 Êtes-vous la seule grande de votre famille ? 

 

Lore Baudrit  : « Non, tout le monde est grand, ma mère mesure 1m78, mon père faisait ma taille, mon frère est un peu plus petit que moi. Mais dans toute ma famille, mes oncles, mes tantes, on est tous quand même assez grands. »


 

 La grande taille était-elle un sujet de conversation ? 

 

Lore Baudrit « Pas plus que ça … On était tous grands. C'était juste "nous", quoi ! (rires) Après, de toutes les femmes de ma famille, c'est sûr que je suis la plus grande. Mais pour moi, être grande n'a jamais été un problème ; je n'en ai pas le souvenir en tout cas.
Par-contre, je sais qu'enfant, ma taille a été plus dure à vivre pour ma mère à cause du regard des gens - c'est elle qui me l'a confié -. Quand j'avais 2-3 ans, par exemple, et que j'avais ma tétine dans la bouche - ce qui est normal à cet âge - c'est quelque chose qui interloquait les gens qui ne me connaissaient pas parce qu'on me donnait facilement cinq-six-sept ans de plus. Mes réactions d'enfant aussi - pourtant de mon âge - surprenaient des fois. À l'adolescence, ça a été difficile également. Quand tu as 10 ans et que les gens t'en donnent 16 … Forcément, ça se comprend que mon comportement pouvait être perçu comme 'bizarre' ou 'immature'. Mais encore une fois, cela ne m'a pas marquée, ce sont des situations que l'on m'a racontées.
. »

 

 

 À quel âge avez-vous atteint votre taille actuelle ? 
 Et, avez-vous rencontré des soucis de croissance ? 

 

Lore Baudrit : « J'ai atteint ma taille actuelle à 13 ans. Plus jeune, j'ai été un peu suivie, à l'hôpital de Toulouse, pour des problèmes aux genoux car je grandissais trop vite. Je me rappelle de discussions entre mes parents et les médecins et de cette interrogation : "Avec sa grande taille, là, souhaitez-vous que nous stoppions sa croissance par un traitement ? …" 
Mon père a tout de suite répondu par "non" catégorique. Pour lui, c'était hors de question, c'était la vie, c'était comme ça, il fallait faire avec la nature. Ensuite, ils m'ont demandé mon avis. Moi, j'étais enfant, j'ai aussi répondu : "non, non, on ne touche à rien, je suis très bien comme ça, enfin !"
 »  (rires)

 



 Comment est née votre passion pour le Hockey sur glace ? 

 

Lore Baudrit : « Déjà, ma rencontre avec le Hockey relève du hasard. Je suis originaire de Castres, dans le Sud-Ouest de la France, et le Hockey sur glace, ce n'est pas trop le sport de la région, c'est plus le rugby ! En maternelle, j'avais fait une initiation au patin à glace qui m'avait déjà plu. Et c'est vers mes 5-6 ans, à l'occasion d'une sortie à la piscine avec mes parents qu'on a aperçu un entraînement de Hockey qui se déroulait dans le même complexe sportif. J'ai tout de suite été captivée. J'ai dit à mes parents : "Je veux faire ça !" 
Comme personne dans notre famille, ni de notre entourage, ne pratiquait ce sport, mes parents se sont renseignés. Et quand ils ont découvert qu’il n’y avait qu’une seule fille qui en faisait dans tout le club, ils ont un peu voulu freiner ma motivation… Ils n'étaient pas très rassurés à l'idée que je pratique un sport dans une équipe uniquement composée de garçons, même si j'avais déjà un tempérament un peu "casse coup" ! Donc ça a été un vrai sujet de conversation à la maison. Mais c'était sans compter sur mon caractère ! J'avais déjà de la suite dans les idées à cette époque ! (rires) Je n’ai pas lâché.
Mes parents ont alors dit : "Bon, allez, on va lui faire faire les trois séances d'initiation gratuites, comme ça, elle va se rendre compte et arrêtera bien de nous en parler". Et puis en fait, non ! Au final, j'ai fait mes trois séances et … C'était parti quoi ! J'étais accro. » (sourire)

 

 


 Quels étaient vos rêves d'enfant ? Vous imaginiez-vous déjà hockeyeuse de haut niveau ou aviez-vous d'autres envies complètement différentes ? 



Lore Baudrit : « En vrai, le Hockey a quand même assez rapidement occupé une très grande place dans ma vie. J'ai tout de suite imaginé en faire mon métier, devenir une Hockeyeuse professionnelle et que cela soit ça mon quotidien. C'était clairement mon rêve et mon unique objectif ! Évidemment quand tu es enfant, tu ne te rends pas compte que ton sport est un sport qui est complètement méconnu, et d'autant plus quand il est pratiqué par des femmes… Mais tous ces enjeux-là, je les ai compris bien plus tard. 
Ma passion pour le Hockey a toujours guidé mes choix de vie depuis mes 12 ans, âge où j'ai dit à mes parents : "Maintenant, je veux partir en Sport-étude, à Font Romeu". Eux me disaient, un peu inquiets : "Non mais attend Lore, Sport-étude, c'est l'internat. Tu réalises ? Et les weekends, avec les matchs, ce sera aussi l'internat, tu ne seras plus à la maison avec nous, etc., etc." 
Mais moi, j'étais hyper déterminée, je n'ai encore une fois rien lâché. À force, ils ont fini par accepter. 
En classe de 4ème, je suis partie en Sport-étude. J'ai d'ailleurs fêté mes 13 ans à l'internat et c'est vrai que ça a été quelque chose de plutôt difficile à vivre - enfin, plus pour mes parents que pour moi, je pense - car moi, j'étais déjà dans mon truc. Je voulais tout faire pour progresser, pour être la meilleure et atteindre le haut niveau. Et cette volonté m'a toujours accompagnée. »

 

 

 

 Vous avez débuté le Hockey dans une équipe mixte, y avaient-ils des différences de pédagogie ou de traitement entre les garçons et les filles d'une part, et les enfants selon leur taille, d'autre part ? 

 

Lore Baudrit : « En France, c'est toujours comme ça dans le Hockey. Les petites filles jusqu'à 14-15-16 ans jouent avec les garçons parce qu'il n'y a pas assez de filles pour composer des équipes féminines. 
Personnellement, je n'ai jamais eu de difficulté à jouer en mixité. Je sais que pour certaines filles cela peut représenter un gros enjeu car leur degré d'intégration dans l'équipe dépend de leurs capacités, mais aussi - et c'est malheureux parce que c'est une réalité - de comment les garçons estiment leur niveau de jeu et décident qu'elles valent l'un d'eux. Et enfin, cela dépend aussi des entraîneurs, des encadrants, et de la place qu'ils souhaitent donner aux filles au sein de l'effectif pour qu'elles puissent évoluer elles aussi… Pour ma part, j'ai eu la chance de toujours être tombée sur des supers entraîneurs et des supers encadrants qui n'ont jamais fait de différences. Je me suis toujours sentie hyper bien intégrée aux groupes, je n'ai jamais senti de différence de traitement. Enfin, si : pour les vestiaires ! Quand on était tout petits, on était tous ensembles, avec cette organisation : les garçons allaient à la douche en premier et moi, après ou avant eux. Mais à partir de 10-11 ans, les vestiaires ont été séparés. Je me rappelle de ma tristesse la première fois. J'avais ressenti : "Bah pourquoi je ne peux plus être avec les garçons dans le vestiaire ?" Quand tu es enfant, tu n'as pas du tout conscience des différences entre les sexes et des problématiques liées à cela, etc. Comme j'étais la seule fille de l'équipe, j'avais un vestiaire juste pour moi et donc je trouvais ça un peu nul parce que je me sentais mise à l'écart. Mais voilà c'était la seule distinction "marquée" que j'ai vécue. Quand tu es ado, tu ne peux plus être avec les garçons, point. 
Pour la seconde partie de la question concernant la prise en compte des tailles des enfants ; quand j'ai commencé le Hockey, j'ai toujours fait une ou deux têtes de plus que les autres. Et cela n'a jamais été un facteur déterminant dans la construction des entraînements ou autres. Par-contre, lors des matchs, oui, ma taille a souvent été surprenante pour les équipes adverses…
Et dans les gradins, aussi. Quand j'avais 7-8 ans, je sais que ma mère a déjà eu besoin de montrer ma carte d'identité parce qu'il y avait des parents qui contestaient : "Là cette joueuse-là, elle n'a pas l'âge ! " Etc. 
Mais encore une fois, c'est une anecdote que l'on m'a racontée. Quand j'étais enfant, ce genre de situations n'était pas quelque chose qui m'affectait ou pas plus que ça. Bien sûr que je me rendais bien compte de ma différence, mais mes parents m'ont élevée pour que j'en sois fière et que je l'utilise comme une force. Je pense d'ailleurs que cette taille a contribuée en grande partie - je ne dis pas que c'est tout - à la carrière que j'ai construite et la personne que je suis. Oui, c'est clair qu'à des moments, elle m'a aidée à me démarquer avantageusement dans mon sport. »

 

 

 

 En Sport-étude, à 13 ans, aviez-vous des copines avec lesquelles vous pouviez échanger sur des préoccupations d'adolescentes de grande taille ? 

 

Lore Baudrit : « Parmi les hockeyeuses, j'étais encore une fois la seule grande. Mais après, des garçons et des filles de grande taille comme moi, il y en avait. Il faut savoir que le Pôle espoir de Font Romeu est le Pôle le plus gros de France pour la natation. J'ai partagé les mêmes années d'internat que le nageur Camille Lacour (2m00), la nageuse Camille Muffat (1m83) - décédée malheureusement -, et Élodie Clouvel (1m82), aussi, qui à l'époque était nageuse avant de devenir pentathlète après. 
Entre grands, nos conversations portaient plus sur des problématiques du quotidien, comme : où acheter des habits, des chaussures, par exemple. C'est toujours les mêmes problématiques aujourd'hui, d'ailleurs. Les joggings ça va, tu vas chercher chez les mecs, même si trouver des modèles unisexes ce n'est pas forcément facile… Trouver des chaussures pour femmes, c'est compliqué, les vêtements autres que pour le sport, pareil, c'est toujours des bras trop courts, etc. Bon ça, voilà, tous les grands le vivent. Donc nos discussions d'ado sur la grande taille tournaient principalement autour de ça. »

 Quelle enfant étiez-vous ? 

 

Lore Baudrit : « D'après ce que mes parents m'ont dit un jour, j'étais une enfant très énergique. J'ai toujours aimé bouger, être dehors, faire du sport … Et puis, j'avais aussi pas mal de caractère ! Je n'avais pas vraiment ma langue dans ma poche, on va dire ! (rires)
J'ai toujours été grande et j'ai toujours considéré ma taille comme une force. Il m'est arrivé d'ailleurs d'en jouer, par moment, pour défendre "les plus faibles", entre guillemets, dans la cour de l'école et même, plus tard, dans mon sport. Il y a toujours eu chez moi ce côté un peu "à vouloir défendre la veuve et l'orphelin", à me révolter contre ce qui me paraissait injuste.
 »


 

 Vous mesurez 1m90. 
 Êtes-vous la seule grande de votre famille ? 

 

Lore Baudrit  : « Non, tout le monde est grand, ma mère mesure 1m78, mon père faisait ma taille, mon frère est un peu plus petit que moi. Mais dans toute ma famille, mes oncles, mes tantes, on est tous quand même assez grands. »


 

 La grande taille était-elle un sujet de conversation ? 

 

Lore Baudrit « Pas plus que ça … On était tous grands. C'était juste "nous", quoi ! (rires) Après, de toutes les femmes de ma famille, c'est sûr que je suis la plus grande. Mais pour moi, être grande n'a jamais été un problème ; je n'en ai pas le souvenir en tout cas.
Par-contre, je sais qu'enfant, ma taille a été plus dure à vivre pour ma mère à cause du regard des gens - c'est elle qui me l'a confié -. Quand j'avais 2-3 ans, par exemple, et que j'avais ma tétine dans la bouche - ce qui est normal à cet âge - c'est quelque chose qui interloquait les gens qui ne me connaissaient pas parce qu'on me donnait facilement cinq-six-sept ans de plus. Mes réactions d'enfant aussi - pourtant de mon âge - surprenaient des fois. À l'adolescence, ça a été difficile également. Quand tu as 10 ans et que les gens t'en donnent 16 … Forcément, ça se comprend que mon comportement pouvait être perçu comme 'bizarre' ou 'immature'. Mais encore une fois, cela ne m'a pas marquée, ce sont des situations que l'on m'a racontées.
. »

 

 

 À quel âge avez-vous atteint votre taille actuelle ? 
 Et, avez-vous rencontré des soucis de croissance ? 

 

Lore Baudrit : « J'ai atteint ma taille actuelle à 13 ans. Plus jeune, j'ai été un peu suivie, à l'hôpital de Toulouse, pour des problèmes aux genoux car je grandissais trop vite. Je me rappelle de discussions entre mes parents et les médecins et de cette interrogation : "Avec sa grande taille, là, souhaitez-vous que nous stoppions sa croissance par un traitement ? …" 
Mon père a tout de suite répondu par "non" catégorique. Pour lui, c'était hors de question, c'était la vie, c'était comme ça, il fallait faire avec la nature. Ensuite, ils m'ont demandé mon avis. Moi, j'étais enfant, j'ai aussi répondu : "non, non, on ne touche à rien, je suis très bien comme ça, enfin !"
 »  (rires)

 



 Comment est née votre passion pour le Hockey sur glace ? 

 

Lore Baudrit : « Déjà, ma rencontre avec le Hockey relève du hasard. Je suis originaire de Castres, dans le Sud-Ouest de la France, et le Hockey sur glace, ce n'est pas trop le sport de la région, c'est plus le rugby ! En maternelle, j'avais fait une initiation au patin à glace qui m'avait déjà plu. Et c'est vers mes 5-6 ans, à l'occasion d'une sortie à la piscine avec mes parents qu'on a aperçu un entraînement de Hockey qui se déroulait dans le même complexe sportif. J'ai tout de suite été captivée. J'ai dit à mes parents : "Je veux faire ça !" 
Comme personne dans notre famille, ni de notre entourage, ne pratiquait ce sport, mes parents se sont renseignés. Et quand ils ont découvert qu’il n’y avait qu’une seule fille qui en faisait dans tout le club, ils ont un peu voulu freiner ma motivation… Ils n'étaient pas très rassurés à l'idée que je pratique un sport dans une équipe uniquement composée de garçons, même si j'avais déjà un tempérament un peu "casse coup" ! Donc ça a été un vrai sujet de conversation à la maison. Mais c'était sans compter sur mon caractère ! J'avais déjà de la suite dans les idées à cette époque ! (rires) Je n’ai pas lâché.
Mes parents ont alors dit : "Bon, allez, on va lui faire faire les trois séances d'initiation gratuites, comme ça, elle va se rendre compte et arrêtera bien de nous en parler". Et puis en fait, non ! Au final, j'ai fait mes trois séances et … C'était parti quoi ! J'étais accro. » (sourire)

 

 


 Quels étaient vos rêves d'enfant ? Vous imaginiez-vous déjà hockeyeuse de haut niveau ou aviez-vous d'autres envies complètement différentes ? 



Lore Baudrit : « En vrai, le Hockey a quand même assez rapidement occupé une très grande place dans ma vie. J'ai tout de suite imaginé en faire mon métier, devenir une Hockeyeuse professionnelle et que cela soit ça mon quotidien. C'était clairement mon rêve et mon unique objectif ! Évidemment quand tu es enfant, tu ne te rends pas compte que ton sport est un sport qui est complètement méconnu, et d'autant plus quand il est pratiqué par des femmes… Mais tous ces enjeux-là, je les ai compris bien plus tard. 
Ma passion pour le Hockey a toujours guidé mes choix de vie depuis mes 12 ans, âge où j'ai dit à mes parents : "Maintenant, je veux partir en Sport-étude, à Font Romeu". Eux me disaient, un peu inquiets : "Non mais attend Lore, Sport-étude, c'est l'internat. Tu réalises ? Et les weekends, avec les matchs, ce sera aussi l'internat, tu ne seras plus à la maison avec nous, etc., etc." 
Mais moi, j'étais hyper déterminée, je n'ai encore une fois rien lâché. À force, ils ont fini par accepter. 
En classe de 4ème, je suis partie en Sport-étude. J'ai d'ailleurs fêté mes 13 ans à l'internat et c'est vrai que ça a été quelque chose de plutôt difficile à vivre - enfin, plus pour mes parents que pour moi, je pense - car moi, j'étais déjà dans mon truc. Je voulais tout faire pour progresser, pour être la meilleure et atteindre le haut niveau. Et cette volonté m'a toujours accompagnée. »

 

 

 

 Vous avez débuté le Hockey dans une équipe mixte, y avaient-ils des différences de pédagogie ou de traitement entre les garçons et les filles d'une part, et les enfants selon leur taille, d'autre part ? 

 

Lore Baudrit : « En France, c'est toujours comme ça dans le Hockey. Les petites filles jusqu'à 14-15-16 ans jouent avec les garçons parce qu'il n'y a pas assez de filles pour composer des équipes féminines. 
Personnellement, je n'ai jamais eu de difficulté à jouer en mixité. Je sais que pour certaines filles cela peut représenter un gros enjeu car leur degré d'intégration dans l'équipe dépend de leurs capacités, mais aussi - et c'est malheureux parce que c'est une réalité - de comment les garçons estiment leur niveau de jeu et décident qu'elles valent l'un d'eux. Et enfin, cela dépend aussi des entraîneurs, des encadrants, et de la place qu'ils souhaitent donner aux filles au sein de l'effectif pour qu'elles puissent évoluer elles aussi… Pour ma part, j'ai eu la chance de toujours être tombée sur des supers entraîneurs et des supers encadrants qui n'ont jamais fait de différences. Je me suis toujours sentie hyper bien intégrée aux groupes, je n'ai jamais senti de différence de traitement. Enfin, si : pour les vestiaires ! Quand on était tout petits, on était tous ensembles, avec cette organisation : les garçons allaient à la douche en premier et moi, après ou avant eux. Mais à partir de 10-11 ans, les vestiaires ont été séparés. Je me rappelle de ma tristesse la première fois. J'avais ressenti : "Bah pourquoi je ne peux plus être avec les garçons dans le vestiaire ?" Quand tu es enfant, tu n'as pas du tout conscience des différences entre les sexes et des problématiques liées à cela, etc. Comme j'étais la seule fille de l'équipe, j'avais un vestiaire juste pour moi et donc je trouvais ça un peu nul parce que je me sentais mise à l'écart. Mais voilà c'était la seule distinction "marquée" que j'ai vécue. Quand tu es ado, tu ne peux plus être avec les garçons, point. 
Pour la seconde partie de la question concernant la prise en compte des tailles des enfants ; quand j'ai commencé le Hockey, j'ai toujours fait une ou deux têtes de plus que les autres. Et cela n'a jamais été un facteur déterminant dans la construction des entraînements ou autres. Par-contre, lors des matchs, oui, ma taille a souvent été surprenante pour les équipes adverses…
Et dans les gradins, aussi. Quand j'avais 7-8 ans, je sais que ma mère a déjà eu besoin de montrer ma carte d'identité parce qu'il y avait des parents qui contestaient : "Là cette joueuse-là, elle n'a pas l'âge ! " Etc. 
Mais encore une fois, c'est une anecdote que l'on m'a racontée. Quand j'étais enfant, ce genre de situations n'était pas quelque chose qui m'affectait ou pas plus que ça. Bien sûr que je me rendais bien compte de ma différence, mais mes parents m'ont élevée pour que j'en sois fière et que je l'utilise comme une force. Je pense d'ailleurs que cette taille a contribuée en grande partie - je ne dis pas que c'est tout - à la carrière que j'ai construite et la personne que je suis. Oui, c'est clair qu'à des moments, elle m'a aidée à me démarquer avantageusement dans mon sport. »

 

 

 

 En Sport-étude, à 13 ans, aviez-vous des copines avec lesquelles vous pouviez échanger sur des préoccupations d'adolescentes de grande taille ? 

 

Lore Baudrit : « Parmi les hockeyeuses, j'étais encore une fois la seule grande. Mais après, des garçons et des filles de grande taille comme moi, il y en avait. Il faut savoir que le Pôle espoir de Font Romeu est le Pôle le plus gros de France pour la natation. J'ai partagé les mêmes années d'internat que le nageur Camille Lacour (2m00), la nageuse Camille Muffat (1m83) - décédée malheureusement -, et Élodie Clouvel (1m82), aussi, qui à l'époque était nageuse avant de devenir pentathlète après. 
Entre grands, nos conversations portaient plus sur des problématiques du quotidien, comme : où acheter des habits, des chaussures, par exemple. C'est toujours les mêmes problématiques aujourd'hui, d'ailleurs. Les joggings ça va, tu vas chercher chez les mecs, même si trouver des modèles unisexes ce n'est pas forcément facile… Trouver des chaussures pour femmes, c'est compliqué, les vêtements autres que pour le sport, pareil, c'est toujours des bras trop courts, etc. Bon ça, voilà, tous les grands le vivent. Donc nos discussions d'ado sur la grande taille tournaient principalement autour de ça. »

©  Héloïse Appourchaux

 Être une Hockeyeuse de très grande taille est très rare, quelles difficultés liées à votre taille avez-vous rencontrées à vos débuts ? 

Lore Baudrit : « Le Hockey est un sport extrêmement technique : il faut savoir bien patiner déjà, et aussi savoir manier un palet avec une crosse dans les mains. Enfant, mes poussées de croissance m'ont posées quelques difficultés à ce double apprentissage. C'est-à-dire, qu'à chaque fin de saison, j'avais atteint un certain niveau ; puis passaient les vacances d'été et, en septembre, je revenais avec 10-15 cm de plus. Et donc, à chaque fois, c'était comme si je devais réapprendre les fondamentaux avec mon nouveau corps. Il y avait une sensation de perte de repères. Vous voyez, les grands, souvent à l'adolescence, leur gestuelle, ça part un peu dans tous les sens, on est un peu comme des "chamallows", quoi ! (rires) 
Donc voilà, ça a été un enjeu dans mon cas. J'ai passé des caps un peu plus lentement que les autres enfants à cause de mes poussées de croissance qui ralentissaient mes stades de progressions.
Ensuite, à partir du moment où j'ai intégré le Sport étude, les séances de préparation physique sont entrées dans mon quotidien. 
Et ce qui me différenciait des autres joueuses - et ça a toujours été le cas tout au long de ma carrière - c'est le temps passé à travailler mon gainage. Comme j'ai un bras de levier plus important que celui des joueuses plus petites, il me faut plus de temps qu'elles. 
D'ailleurs ado, je ne me rendais pas compte de l'importance de la préparation physique, de tout le travail de musculation et de cardio à côté, moi je voulais juste jouer au Hockey en fait. J'ai commencé à me concentrer sur tout ce qui est prépa et la nutrition aussi, à 20 ans, quand j'ai débuté mes années universitaires au Canada. Là-bas, j'ai eu le déclic : j'ai réalisé que les Hockeyeuses qui étaient avec moi étaient de très bonnes joueuses, mais aussi de très bonnes athlètes. Et là, je me suis dit : "Ok, il faut vraiment que je m'y mette !" (rires) Et j'ai vu la différence après, ça m'a vraiment fait passer un énorme cap. 
Avec l'expérience, j'ai appris ce qui me faisait du bien et ce qui me faisait progresser physiquement aussi. Je pense d'ailleurs être en meilleure forme aujourd'hui à 34 ans qu'à 20 ans ! Ce qui est fou parce que normalement on a un corps en déclin… » 


 

 

 Et sur la glace, comment avez-vous fait de votre taille un de vos atouts ? 

 

Lore Baudrit : « Alors je précise : ma taille est un avantage, oui, mais elle est aussi un désavantage ! (sourire) 
Mon allonge étant plus grande, c'est forcément hyper facile pour moi de protéger le palet contre une fille qui fait une tête de moins. Dans une bataille, ma taille et mon poids sont dissuasifs, je n'ai donc pas besoin d'en faire plus. Par moi-même, je suis déjà un avantage. Par-contre, dans les petits espaces, c'est plus compliqué, mes possibilités d'actions sont de fait restreintes. 
Mais en vrai, j'ai compris assez tôt comment je pouvais utiliser mon corps et construire mon jeu autour de lui. 
Cette prise de conscience, je l'ai eue notamment grâce à Christine Duchamp qui a longtemps été mon entraîneuse au Pôle France, puis en équipes de France U18 et Sénior. C'est aussi elle qui m'avait détectée lors d'un stage fédéral. D'emblée, elle m'avait dit : "Lore, tu as un physique 'hors standard', il faut que tu te serves de ton corps ! Avec, protège le palet ; joue avec ton allonge ; va devant la cage pour gêner la gardienne, etc." Elle m'a aussi appris à travailler des détails comme plus fléchir mes jambes quand je patine, etc. 
Je souhaite faire une parenthèse et souligner combien Christine Duchamp a été une femme visionnaire pour le Hockey féminin car c'est elle, qui, il y a une vingtaine d'années maintenant, organisait les stages fédéraux estivaux pour que des jeunes filles, comme moi, venant de toute la France, puissent se regrouper pour jouer exclusivement entre elles, avec l'objectif que l'on reste chacune motivée à persévérer dans notre sport. Voilà, c'est une femme importante.
Donc, du point de vue de mon évolution physique et de ma technique, on va dire que les plus grosses étapes, je les ai passées, je les ai assimilées, entre mes 15 et 20 ans. Après la taille ne fait pas tout ! À un moment donné, il faut être capable de patiner et de faire le jeu ! (sourire) Mais c'est sûr, qu'à niveau égal avec d'autres joueuses, ma taille 'atypique' dans le monde du Hockey m'a aidée à me démarquer et à m'ouvrir des portes. J'ai joué une saison dans la Ligue Professionnelle au Canada (qui maintenait n'existe plus car elle a coulé) et je pense que c'est ma taille qui m'a permis de me faire une place dans cette équipe-là, c'est certain. Et je sais aussi - je ne suis pas dupe - qu'il y a eu des moments lors de compétitions ou de matchs où les coachs m’ont utilisé aussi pour ma taille surtout au début de ma carrière : "Ok, on va donner du temps de jeu à Lore et lui demander de gêner la gardienne." Et donc, oui, je suis allée me poster devant la gardienne pour lui gêner la vue. Après, avec mon parcours et ma notoriété - enfin … Dans le milieu du hockey tout le monde me connaît, vous voyez ce que je veux dire ? Tout le monde sait bien que je suis grande ! Et bien, progressivement les coachs et les gens ont cessé naturellement de parler de ma taille pour parler de mes compétences en tant qu'attaquante : ma lecture du jeu, mon lancer, mes qualités défensives, etc. J'ai fait mes preuves. » 

 

 

 Avez-vous toujours joué au poste d'attaquante ? 

Lore Baudrit : « Toujours. Quand tu es enfant, on te fait jouer à différents postes, tu essaies un peu tous les rôles. Et au final, 'attaquante' est le poste où je me sentais à l'aise. C'était naturel pour moi de jouer vers l'avant tout le temps et aussi d'être à un poste où on peut marquer des buts. Je ne me suis jamais imaginée jouer à un autre poste. »

 


 Vous avez eu une carrière internationale : Canada, Suède, Allemagne. Selon les pays, avez-vous perçu des différences de culture du jeu au niveau des missions que l'on vous confiait ? 

Lore Baudrit : « Quels que soient les pays, la culture du Hockey sur glace est un peu la même partout. Après, me concernant, en fonction des équipes avec lesquelles j'ai joué, en fonction des joueuses présentes autour de moi et en fonction des phases de jeu aussi, j'ai remarqué que certains coachs ont très souvent plus privilégié mes points forts comme mes lancers ou mes récupérations de palets dans les batailles. 
Ma capacité à lire et comprendre les systèmes de jeux était également très appréciée par ces coachs étrangers. 
C'est d'ailleurs un atout qu'ont toutes les joueuses en Équipe de France et même dans les Équipes de France jeunes, parce qu'on nous éduque à cela et c'est notre force. Quand on joue contre des pays comme l'Allemagne ou le Japon, on sait que ces adversaires sont parfois plus rapides que nous, plus techniques que nous aussi… Par-contre, on sait qu'on peut toujours les embêter et nous démarquer grâce à nos systèmes et notre adaptabilité. 
Je me souviens à l'université de Montréal, on était plusieurs françaises à être arrivées en même temps et notre coach s'étonnait de cela souvent et nous disait : "Mais les françaises vous êtes incroyables, dès qu'on vous propose quelque chose, vous comprenez tout de suite, vous allez vous placer tout de suite comme il faut !"
On a cette chance aussi que le projet "Équipe de France" ait tant évolué. Il y a 20 ans, on était à des années lumières de ce que on nous apprend et apporte maintenant ! Des outils comme l'analyse vidéo, entre autres, joue positivement sur les performances des joueuses ; on est plus conscientes de notre jeu, de nos forces, de nos faiblesses aussi. On sait l'espace que l'on peut pendre, on apprend comment on peut se positionner vis-à-vis des autres Hockeyeuses, de leur profil de jeu, etc. Et puis aujourd'hui avec Internet et les réseaux sociaux, c'est juste incroyable le nombre de vidéos sur le Hockey. Quand j'étais plus jeune, à part les Jeux Olympiques tous les quatre ans, à la télé, c'était compliqué de voir des matchs de Hockey. Ma connaissance du Hockey, je ne l'avais que par la transmission de mes entraîneurs »

 

 

 Y a-t-il d'autres joueuses de grande taille dont vous observez la carrière ? 

Lore Baudrit : « À ma connaissance, je ne crois pas qu'il y ait d'autres joueuses de ma taille actuellement… En tout cas pas au niveau international… Il y avait bien Rosa Lindstedt, une défenseure finlandaise, légèrement plus petite que moi (1m87), qui a pris sa retraite il y a quatre ou cinq ans. Elle a fait une énorme carrière. Mais, je ne me suis jamais concentrée à regarder comment elle jouait. Non, je n'ai jamais prêté attention à cela »

 

 

 Qu'est-ce qui se passe dans votre tête quand vous êtes dans les vestiaires, que vous prenez votre matériel, vous entrez sur la glace : c'est quoi les phases ? C'est quoi le Hockey pour vous ? 

Lore Baudrit : « C'est dur comme question !... C'est tellement "naturel" de se préparer pour un match… Je pense d'ailleurs que ce seront ce genre d'instants qui me manqueront le plus… (sourire) 
Voilà comment ça se passe : on commence toujours par un échauffement individuel, hors glace, puis on poursuit collectivement. 
Quand je fais ma partie individuelle, j'ai tout le temps les mêmes routines : j'écoute les mêmes musiques et je fais un peu de visualisation. Par exemple, s'il y a un plan de match, des positionnements à avoir sur la glace ou des petites actions spécifiques que les coachs nous ont demandé d'exécuter, je me les remémore. Ensuite, je pense à des choses qui me donnent du succès ; c'est plus des petits mots que je me dis dans ma tête. Seulement après ce petit rituel, j'enlève mes écouteurs et là je m'ouvre aux autres. Ce sont des choses simples. 
Aussi avec le temps, j'ai diminué un peu ces routines parce que tu te rends compte que si tu n'as pas le temps de les faire, ça te sort complètement de ton truc ! … Bref : trop de routines et trop de rituels, c'est aussi trop, en fait ! (rires)
Donc, tout ça c'est avant le match. 
Puis, une fois que le match commence… C'est dur à expliquer … Mais c'est un peu ton corps qui gère tout, tout seul, les positionnements, etc. Il y a une sorte d'automatisation qui se met en place. Tu n'as plus trop besoin de penser.
Et c'est drôle de parler de cela parce que ça me rappelle le challenge de mon changement de poste. En Équipe de France, j'ai quasiment joué 'ailière' toute ma carrière jusqu'en 2022, année où beaucoup de joueuses sont parties en retraite en même temps. Le coach m'a demandé si je pouvais changer de position et jouer 'centre'. Donc ça reste un poste en 'attaque', mais c'est quand même un autre rôle avec d'autres spécificités, surtout en zone de défense, c'est complètement différent. Et la première année, je sortais des matchs beaucoup plus fatiguée… Mais fatiguée mentalement ! (rires) J'avais besoin d'être concentrée pour tout, en fait. Mais pour le coup, cela a été hyper intéressant d'avoir cette opportunité de devoir me reconcentrer sur un tout nouveau rôle, de devoir expérimenter et reconstruire des automatismes. Ça m'a même aidé à m'améliorer en tant que joueuse parce que ça m'a ouvert d'autres aspects de mon jeu que je n'utilisais quand j'étais ailière. 
Après, ce qui me plaît le plus dans le Hockey, je dirais que c'est toute l'excitation au moment de monter sur la glace. »


 

 

 En 2022, vous devenez aussi capitaine de l'Equipe de France. Quelle composante cela a ajouté à votre poste ? 

Lore Baudrit : « En endossant ce rôle, j'ai toujours veillé à ce que ma performance individuelle soit un 'standard'. Si j’ai quelques mauvaises présences, je me dis : "Ok Lore, tu te remets à zéro et hop tu repars sur des choses simples !" J'ai cette capacité que j’ai acquise avec le temps à me reconcentrer assez rapidement. Mais, j'ai aussi, avec le recul, cette impression d'être finalement plus concentrée sur les autres qu'envers moi-même. C'est-à-dire que j'essaie toujours d'être vigilante, de voir un peu s'il n'y a pas des petits signes des joueuses, notamment des plus jeunes que j’essaye d’accompagner, des choses comme ça. Je m'assure qu'elles vont bien et fais en sorte qu'elles gardent confiance et qu’elles jouent à leur pleins potentiel. 
Par exemple, sur ma ligne d'attaque, je joue avec deux jeunes joueuses depuis le début de la saison: une de 17 ans et une de 18 ans. Pour l'une ça va être son premier Championnat du Monde et, pour l'autre, son deuxième, alors je veux vraiment les mettre en confiance pour qu’elles jouent leur jeu. 
Pour moi, c'est extraordinaire de pouvoir les accompagner dans leurs tout débuts. C'est vachement enrichissant et enthousiasmant de leur partager mon expérience et de les encourager. Finalement être capitaine, c’est être exemplaire et veiller sur les autres. »



 

 Pour quelle raison avez-vous décidé de prendre votre retraite maintenant ? 

Lore Baudrit : « J'estime qu'il est tout simplement temps pour moi de passer à autre chose. Je pense être allée au bout, du bout, de ce que je pouvais rêver, au bout de ma passion. 2026 a été une année très riche. L'Équipe de France a participé pour la première fois de son histoire aux Jeux Olympiques. Ces Jeux, puis le Championnat du Monde étaient mes dernières quêtes, on va dire ! Je préfère m'arrêter maintenant, au "sommet", entre guillemets, de ce qu'il y a de plus beau à vivre en tant qu'athlète.
Je suis aussi maman ; mon fils, Sacha, va avoir 20 mois… Cela fait bientôt 20 ans que j'enfile les patins et que je passe toutes mes soirées, mes weekends dans des patinoires… Voilà, j'ai envie de profiter de lui, d'avoir plus de temps en famille et de vivre d'autres choses aussi !
Et je trouve qu’avoir la possibilité et l'opportunité de me dire : "j'arrête", alors que je suis au plus haut niveau presque de ce que je pouvais faire et de ne pas attendre d'être dans un déclin, et de pousser le truc trop loin, et de trouver cela dommage, c'est juste le bon moment. Là, je suis arrivée au bout de ce que je pouvais faire et je trouve cela génial. Je pars très sereine et heureuse de la carrière que j'ai faite. » (grand sourire)

 Être une Hockeyeuse de très grande taille est très rare, quelles difficultés liées à votre taille avez-vous rencontrées à vos débuts ? 

Lore Baudrit : « Le Hockey est un sport extrêmement technique : il faut savoir bien patiner déjà, et aussi savoir manier un palet avec une crosse dans les mains. Enfant, mes poussées de croissance m'ont posées quelques difficultés à ce double apprentissage. C'est-à-dire, qu'à chaque fin de saison, j'avais atteint un certain niveau ; puis passaient les vacances d'été et, en septembre, je revenais avec 10-15 cm de plus. Et donc, à chaque fois, c'était comme si je devais réapprendre les fondamentaux avec mon nouveau corps. Il y avait une sensation de perte de repères. Vous voyez, les grands, souvent à l'adolescence, leur gestuelle, ça part un peu dans tous les sens, on est un peu comme des "chamallows", quoi ! (rires) 
Donc voilà, ça a été un enjeu dans mon cas. J'ai passé des caps un peu plus lentement que les autres enfants à cause de mes poussées de croissance qui ralentissaient mes stades de progressions.
Ensuite, à partir du moment où j'ai intégré le Sport étude, les séances de préparation physique sont entrées dans mon quotidien. 
Et ce qui me différenciait des autres joueuses - et ça a toujours été le cas tout au long de ma carrière - c'est le temps passé à travailler mon gainage. Comme j'ai un bras de levier plus important que celui des joueuses plus petites, il me faut plus de temps qu'elles. 
D'ailleurs ado, je ne me rendais pas compte de l'importance de la préparation physique, de tout le travail de musculation et de cardio à côté, moi je voulais juste jouer au Hockey en fait. J'ai commencé à me concentrer sur tout ce qui est prépa et la nutrition aussi, à 20 ans, quand j'ai débuté mes années universitaires au Canada. Là-bas, j'ai eu le déclic : j'ai réalisé que les Hockeyeuses qui étaient avec moi étaient de très bonnes joueuses, mais aussi de très bonnes athlètes. Et là, je me suis dit : "Ok, il faut vraiment que je m'y mette !" (rires) Et j'ai vu la différence après, ça m'a vraiment fait passer un énorme cap. 
Avec l'expérience, j'ai appris ce qui me faisait du bien et ce qui me faisait progresser physiquement aussi. Je pense d'ailleurs être en meilleure forme aujourd'hui à 34 ans qu'à 20 ans ! Ce qui est fou parce que normalement on a un corps en déclin… » 


 

 

 Et sur la glace, comment avez-vous fait de votre taille un de vos atouts ? 

 

Lore Baudrit : « Alors je précise : ma taille est un avantage, oui, mais elle est aussi un désavantage ! (sourire) 
Mon allonge étant plus grande, c'est forcément hyper facile pour moi de protéger le palet contre une fille qui fait une tête de moins. Dans une bataille, ma taille et mon poids sont dissuasifs, je n'ai donc pas besoin d'en faire plus. Par moi-même, je suis déjà un avantage. Par-contre, dans les petits espaces, c'est plus compliqué, mes possibilités d'actions sont de fait restreintes. 
Mais en vrai, j'ai compris assez tôt comment je pouvais utiliser mon corps et construire mon jeu autour de lui. 
Cette prise de conscience, je l'ai eue notamment grâce à Christine Duchamp qui a longtemps été mon entraîneuse au Pôle France, puis en équipes de France U18 et Sénior. C'est aussi elle qui m'avait détectée lors d'un stage fédéral. D'emblée, elle m'avait dit : "Lore, tu as un physique 'hors standard', il faut que tu te serves de ton corps ! Avec, protège le palet ; joue avec ton allonge ; va devant la cage pour gêner la gardienne, etc." Elle m'a aussi appris à travailler des détails comme plus fléchir mes jambes quand je patine, etc. 
Je souhaite faire une parenthèse et souligner combien Christine Duchamp a été une femme visionnaire pour le Hockey féminin car c'est elle, qui, il y a une vingtaine d'années maintenant, organisait les stages fédéraux estivaux pour que des jeunes filles, comme moi, venant de toute la France, puissent se regrouper pour jouer exclusivement entre elles, avec l'objectif que l'on reste chacune motivée à persévérer dans notre sport. Voilà, c'est une femme importante.
Donc, du point de vue de mon évolution physique et de ma technique, on va dire que les plus grosses étapes, je les ai passées, je les ai assimilées, entre mes 15 et 20 ans. Après la taille ne fait pas tout ! À un moment donné, il faut être capable de patiner et de faire le jeu ! (sourire) Mais c'est sûr, qu'à niveau égal avec d'autres joueuses, ma taille 'atypique' dans le monde du Hockey m'a aidée à me démarquer et à m'ouvrir des portes. J'ai joué une saison dans la Ligue Professionnelle au Canada (qui maintenait n'existe plus car elle a coulé) et je pense que c'est ma taille qui m'a permis de me faire une place dans cette équipe-là, c'est certain. Et je sais aussi - je ne suis pas dupe - qu'il y a eu des moments lors de compétitions ou de matchs où les coachs m’ont utilisé aussi pour ma taille surtout au début de ma carrière : "Ok, on va donner du temps de jeu à Lore et lui demander de gêner la gardienne." Et donc, oui, je suis allée me poster devant la gardienne pour lui gêner la vue. Après, avec mon parcours et ma notoriété - enfin … Dans le milieu du hockey tout le monde me connaît, vous voyez ce que je veux dire ? Tout le monde sait bien que je suis grande ! Et bien, progressivement les coachs et les gens ont cessé naturellement de parler de ma taille pour parler de mes compétences en tant qu'attaquante : ma lecture du jeu, mon lancer, mes qualités défensives, etc. J'ai fait mes preuves. » 

 

 

 Avez-vous toujours joué au poste d'attaquante ? 

Lore Baudrit : « Toujours. Quand tu es enfant, on te fait jouer à différents postes, tu essaies un peu tous les rôles. Et au final, 'attaquante' est le poste où je me sentais à l'aise. C'était naturel pour moi de jouer vers l'avant tout le temps et aussi d'être à un poste où on peut marquer des buts. Je ne me suis jamais imaginée jouer à un autre poste. »

 


 Vous avez eu une carrière internationale : Canada, Suède, Allemagne. Selon les pays, avez-vous perçu des différences de culture du jeu au niveau des missions que l'on vous confiait ? 

Lore Baudrit : « Quels que soient les pays, la culture du Hockey sur glace est un peu la même partout. Après, me concernant, en fonction des équipes avec lesquelles j'ai joué, en fonction des joueuses présentes autour de moi et en fonction des phases de jeu aussi, j'ai remarqué que certains coachs ont très souvent plus privilégié mes points forts comme mes lancers ou mes récupérations de palets dans les batailles. 
Ma capacité à lire et comprendre les systèmes de jeux était également très appréciée par ces coachs étrangers. 
C'est d'ailleurs un atout qu'ont toutes les joueuses en Équipe de France et même dans les Équipes de France jeunes, parce qu'on nous éduque à cela et c'est notre force. Quand on joue contre des pays comme l'Allemagne ou le Japon, on sait que ces adversaires sont parfois plus rapides que nous, plus techniques que nous aussi… Par-contre, on sait qu'on peut toujours les embêter et nous démarquer grâce à nos systèmes et notre adaptabilité. 
Je me souviens à l'université de Montréal, on était plusieurs françaises à être arrivées en même temps et notre coach s'étonnait de cela souvent et nous disait : "Mais les françaises vous êtes incroyables, dès qu'on vous propose quelque chose, vous comprenez tout de suite, vous allez vous placer tout de suite comme il faut !"
On a cette chance aussi que le projet "Équipe de France" ait tant évolué. Il y a 20 ans, on était à des années lumières de ce que on nous apprend et apporte maintenant ! Des outils comme l'analyse vidéo, entre autres, joue positivement sur les performances des joueuses ; on est plus conscientes de notre jeu, de nos forces, de nos faiblesses aussi. On sait l'espace que l'on peut pendre, on apprend comment on peut se positionner vis-à-vis des autres Hockeyeuses, de leur profil de jeu, etc. Et puis aujourd'hui avec Internet et les réseaux sociaux, c'est juste incroyable le nombre de vidéos sur le Hockey. Quand j'étais plus jeune, à part les Jeux Olympiques tous les quatre ans, à la télé, c'était compliqué de voir des matchs de Hockey. Ma connaissance du Hockey, je ne l'avais que par la transmission de mes entraîneurs »

 

 

 Y a-t-il d'autres joueuses de grande taille dont vous observez la carrière ? 

Lore Baudrit : « À ma connaissance, je ne crois pas qu'il y ait d'autres joueuses de ma taille actuellement… En tout cas pas au niveau international… Il y avait bien Rosa Lindstedt, une défenseure finlandaise, légèrement plus petite que moi (1m87), qui a pris sa retraite il y a quatre ou cinq ans. Elle a fait une énorme carrière. Mais, je ne me suis jamais concentrée à regarder comment elle jouait. Non, je n'ai jamais prêté attention à cela »

 

 

 Qu'est-ce qui se passe dans votre tête quand vous êtes dans les vestiaires, que vous prenez votre matériel, vous entrez sur la glace : c'est quoi les phases ? C'est quoi le Hockey pour vous ? 

Lore Baudrit : « C'est dur comme question !... C'est tellement "naturel" de se préparer pour un match… Je pense d'ailleurs que ce seront ce genre d'instants qui me manqueront le plus… (sourire) 
Voilà comment ça se passe : on commence toujours par un échauffement individuel, hors glace, puis on poursuit collectivement. 
Quand je fais ma partie individuelle, j'ai tout le temps les mêmes routines : j'écoute les mêmes musiques et je fais un peu de visualisation. Par exemple, s'il y a un plan de match, des positionnements à avoir sur la glace ou des petites actions spécifiques que les coachs nous ont demandé d'exécuter, je me les remémore. Ensuite, je pense à des choses qui me donnent du succès ; c'est plus des petits mots que je me dis dans ma tête. Seulement après ce petit rituel, j'enlève mes écouteurs et là je m'ouvre aux autres. Ce sont des choses simples. 
Aussi avec le temps, j'ai diminué un peu ces routines parce que tu te rends compte que si tu n'as pas le temps de les faire, ça te sort complètement de ton truc ! … Bref : trop de routines et trop de rituels, c'est aussi trop, en fait ! (rires)
Donc, tout ça c'est avant le match. 
Puis, une fois que le match commence… C'est dur à expliquer … Mais c'est un peu ton corps qui gère tout, tout seul, les positionnements, etc. Il y a une sorte d'automatisation qui se met en place. Tu n'as plus trop besoin de penser.
Et c'est drôle de parler de cela parce que ça me rappelle le challenge de mon changement de poste. En Équipe de France, j'ai quasiment joué 'ailière' toute ma carrière jusqu'en 2022, année où beaucoup de joueuses sont parties en retraite en même temps. Le coach m'a demandé si je pouvais changer de position et jouer 'centre'. Donc ça reste un poste en 'attaque', mais c'est quand même un autre rôle avec d'autres spécificités, surtout en zone de défense, c'est complètement différent. Et la première année, je sortais des matchs beaucoup plus fatiguée… Mais fatiguée mentalement ! (rires) J'avais besoin d'être concentrée pour tout, en fait. Mais pour le coup, cela a été hyper intéressant d'avoir cette opportunité de devoir me reconcentrer sur un tout nouveau rôle, de devoir expérimenter et reconstruire des automatismes. Ça m'a même aidé à m'améliorer en tant que joueuse parce que ça m'a ouvert d'autres aspects de mon jeu que je n'utilisais quand j'étais ailière. 
Après, ce qui me plaît le plus dans le Hockey, je dirais que c'est toute l'excitation au moment de monter sur la glace. »


 

 

 En 2022, vous devenez aussi capitaine de l'Equipe de France. Quelle composante cela a ajouté à votre poste ? 

Lore Baudrit : « En endossant ce rôle, j'ai toujours veillé à ce que ma performance individuelle soit un 'standard'. Si j’ai quelques mauvaises présences, je me dis : "Ok Lore, tu te remets à zéro et hop tu repars sur des choses simples !" J'ai cette capacité que j’ai acquise avec le temps à me reconcentrer assez rapidement. Mais, j'ai aussi, avec le recul, cette impression d'être finalement plus concentrée sur les autres qu'envers moi-même. C'est-à-dire que j'essaie toujours d'être vigilante, de voir un peu s'il n'y a pas des petits signes des joueuses, notamment des plus jeunes que j’essaye d’accompagner, des choses comme ça. Je m'assure qu'elles vont bien et fais en sorte qu'elles gardent confiance et qu’elles jouent à leur pleins potentiel. 
Par exemple, sur ma ligne d'attaque, je joue avec deux jeunes joueuses depuis le début de la saison: une de 17 ans et une de 18 ans. Pour l'une ça va être son premier Championnat du Monde et, pour l'autre, son deuxième, alors je veux vraiment les mettre en confiance pour qu’elles jouent leur jeu. 
Pour moi, c'est extraordinaire de pouvoir les accompagner dans leurs tout débuts. C'est vachement enrichissant et enthousiasmant de leur partager mon expérience et de les encourager. Finalement être capitaine, c’est être exemplaire et veiller sur les autres. »



 

 Pour quelle raison avez-vous décidé de prendre votre retraite maintenant ? 

Lore Baudrit : « J'estime qu'il est tout simplement temps pour moi de passer à autre chose. Je pense être allée au bout, du bout, de ce que je pouvais rêver, au bout de ma passion. 2026 a été une année très riche. L'Équipe de France a participé pour la première fois de son histoire aux Jeux Olympiques. Ces Jeux, puis le Championnat du Monde étaient mes dernières quêtes, on va dire ! Je préfère m'arrêter maintenant, au "sommet", entre guillemets, de ce qu'il y a de plus beau à vivre en tant qu'athlète.
Je suis aussi maman ; mon fils, Sacha, va avoir 20 mois… Cela fait bientôt 20 ans que j'enfile les patins et que je passe toutes mes soirées, mes weekends dans des patinoires… Voilà, j'ai envie de profiter de lui, d'avoir plus de temps en famille et de vivre d'autres choses aussi !
Et je trouve qu’avoir la possibilité et l'opportunité de me dire : "j'arrête", alors que je suis au plus haut niveau presque de ce que je pouvais faire et de ne pas attendre d'être dans un déclin, et de pousser le truc trop loin, et de trouver cela dommage, c'est juste le bon moment. Là, je suis arrivée au bout de ce que je pouvais faire et je trouve cela génial. Je pars très sereine et heureuse de la carrière que j'ai faite. » (grand sourire)

© Lore Baudrit

 Auriez-vous un sentiment de fierté ou un sentiment d'accomplissement à nous partager ? 

Lore Baudrit : « Je suis fière, comme je l'ai dit, être allée au bout de ma passion, mais aussi d'être allée au bout de mes convictions. C'est-à-dire que je me suis autant investie à construire ma carrière, qu'à œuvrer pour faire avancer le Hockey féminin. Contrairement aux hockeyeurs, nous, les femmes, ne vivons pas de notre sport. On s’entraîne comme des pros, on joue des compétitions de haut niveau, mais nous devons toutes travailler à côté pour financer notre sport. Personnellement, que ce soit au Canada, en Suède - même si j'étais semi-pro - ou en Allemagne, ce n'est pas le Hockey qui me faisait vivre, mais les jobs que j'exerçais à côté. Donc notre quotidien est très compliqué.
Avec d’autres joueuses et le soutien du staff, on a mené des « combats », on a obtenu des choses supplémentaires pour le projet, ou encore des aides financières aussi. Par exemple, afin de se préparer pour cette saison, l’Agence Nationale du Sport nous a alloué une aide financière spéciale, dû à notre première participation historique aux Jeux Olympiques 2026 de Milano-Cortina et cette aide était une première pour notre sport.
Donc, voilà, je suis fière d'avoir pu amener ma petite pierre à l'édifice et fière aussi de voir combien le projet porté par l'Équipe de France et la Fédération, depuis vingt ans maintenant, n'a plus rien à voir avec ce qu'il était à ses débuts.
J'espère que d'autres joueuses continueront à se battre pour leurs reconnaissances parce que, dans le Hockey et dans le sport féminin en général, on ne peut jamais s'arrêter. Tu ne peux jamais te reposer sur un acquis parce que derrière, il y aura toujours une autre petite bataille en plus, un petit truc à gratter en plus, pour faire ré-avancer le projet, pour avoir le petit budget manquant pour quelque chose… Je souhaite qu'un jour on n'aura plus besoin de faire tout ça, mais pour l'instant, il y a encore besoin. (sourire)
J'espère aussi que ma carrière, mon parcours inspirera les jeunes générations… J'espère être un modèle dans ce que j'ai fait. 
Les filles savent que je vais continuer à les suivre et à supporter l'Équipe de France. Je ne coupe pas les ponts. De près ou de loin, je répondrais toujours présente pour aider. Transmettre est aussi quelque chose de très important pour moi, donc je ne sais pas encore comment, l'avenir le dira, mais je resterai toujours au service du Hockey »


 

 Quand vous avez débuté, vos parents étaient réticents nous l'avons évoqué. Aujourd'hui, si une jeune fille rêve d'une carrière de hockeyeuse, vous lui diriez quoi, à elle et à ses parents ? 

Lore Baudrit : « Je leur dirais que, mes parents ont effectivement été réticents, mais qu'au final, ils m'ont accompagné toute ma carrière et qu'ils m'ont toujours encouragée à vivre ma passion. Donc : "T'es passionnée ? T'as envie de faire ça ? Et bien, fais-le, va au bout en fait. Va au bout de ton rêve, va au bout de ce que tu as envie de faire parce que c'est ce qui t'anime !"
J'insisterais aussi sur le fait qu'il est important pour elle de faire des études à côté et de préparer son avenir. Parce que, au Hockey, non, tu ne gagneras jamais des millions pour te dire qu'après t'es tranquille pour le reste de ta vie, non ! 
Alors, en plus, moi, l'école, ce n’était pas trop mon truc à la base ! Je n’étais pas très motivée et je ne savais pas trop quoi faire. Donc à 18 ans, au lieu de faire des études, j’ai préféré trouver un petit boulot, mais c'était de la débouille.
Et c'est grâce au Hockey, qu'à 20 ans, j'ai repris mes études car pour partir jouer au Canada, dans la réputée équipe des Carabins  - qui à un super niveau de Hockey -, il fallait que je sois étudiante et à l'Université de Montréal. Et le deal pour pouvoir jouer, c'est de devoir valider tes cours. Si tu n'es pas bon à l'école, tu ne vas pas jouer, c'était aussi simple que ça. Cela a été un vrai moteur pour moi car j'ai obtenu ainsi deux masters : un premier en Marketing et Management du sport, et un second en Journalisme. 
Donc, si votre fille a envie de jouer, laissez-la essayer et choisir son chemin. 
Dans tous les cas, elle va s'épanouir car, dans tout sport collectif, on apprend le dépassement de soi, le respect, la solidarité, la persévérance, la résilience même, et le partage. Le sport est un bon environnement pour évoluer quand on est enfant et par la suite également. 
Et puis, tu partages des émotions extraordinaires ! Alors oui, quand on atteint le haut niveau, il y a les Jeux Olympiques - le rêve ultime -, mais il y a aussi tout ce que l'on vit : les stages, les matchs, les victoires, les défaites, et tout ça c'est tellement fort que …  Enfin, je veux dire que tu vis des choses que tu ne peux pas tellement vivre ailleurs. J'en ai déjà parlé avec des amies qui ont pris leur retraite et tu ne revis jamais des émotions aussi fortes que celles que l'on vit avec le Hockey. Bon, peut-être qu'avec les enfants, c'est différent, mais… Sérieusement, quand tu finis ta journée au bureau, ce n'est pas pareil que quand tu rentres dans un vestiaire ! Même si tu as eu une super belle journée, on n'est pas là à fêter la journée, à mettre à fond Gala "Freed from Desire" et à danser au milieu du bureau quoi ! (rires) C'est la vérité ! 
Voilà toutes ces choses que tu vis dans un groupe, grâce au sport.
Pour moi, l'Équipe de France, c'est une famille, j'ai des amies que je vais garder pour toute la vie. Avec mes entraîneurs, on a créé des relations extraordinaires et je pense que ce qu'on vit là : c'est beaucoup. C'est beaucoup parce qu’iI y a beaucoup de moments pendant notre carrière où on se dit qu'on se met quand même un peu, beaucoup, en difficulté financièrement pour le Hockey. 
Il y a des fois où tu es vraiment en galère et tu vois des gens à côté de toi qui ont une 'vie normale', qui partent en vacances, qu'achètent une maison… 
Et toi, tu te dis : "Punaise, mais nous à côté, on est en galère…"
Mais après tu vas aux JO, tu enchaînes avec un Championnat du Monde, tu vis des choses comme ça, incroyables, et tu te dis : "Hey, bon, allez, ça en valait la peine quand même !" » (grand sourire)

 Auriez-vous un sentiment de fierté ou un sentiment d'accomplissement à nous partager ? 

Lore Baudrit : « Je suis fière, comme je l'ai dit, être allée au bout de ma passion, mais aussi d'être allée au bout de mes convictions. C'est-à-dire que je me suis autant investie à construire ma carrière, qu'à œuvrer pour faire avancer le Hockey féminin. Contrairement aux hockeyeurs, nous, les femmes, ne vivons pas de notre sport. On s’entraîne comme des pros, on joue des compétitions de haut niveau, mais nous devons toutes travailler à côté pour financer notre sport. Personnellement, que ce soit au Canada, en Suède - même si j'étais semi-pro - ou en Allemagne, ce n'est pas le Hockey qui me faisait vivre, mais les jobs que j'exerçais à côté. Donc notre quotidien est très compliqué.
Avec d’autres joueuses et le soutien du staff, on a mené des « combats », on a obtenu des choses supplémentaires pour le projet, ou encore des aides financières aussi. Par exemple, afin de se préparer pour cette saison, l’Agence Nationale du Sport nous a alloué une aide financière spéciale, dû à notre première participation historique aux Jeux Olympiques 2026 de Milano-Cortina et cette aide était une première pour notre sport. 
Donc, voilà, je suis fière d'avoir pu amener ma petite pierre à l'édifice et fière aussi de voir combien le projet porté par l'Équipe de France et la Fédération, depuis vingt ans maintenant, n'a plus rien à voir avec ce qu'il était à ses débuts.
J'espère que d'autres joueuses continueront à se battre pour leurs reconnaissances parce que, dans le Hockey et dans le sport féminin en général, on ne peut jamais s'arrêter. Tu ne peux jamais te reposer sur un acquis parce que derrière, il y aura toujours une autre petite bataille en plus, un petit truc à gratter en plus, pour faire ré-avancer le projet, pour avoir le petit budget manquant pour quelque chose… Je souhaite qu'un jour on n'aura plus besoin de faire tout ça, mais pour l'instant, il y a encore besoin. (sourire)
J'espère aussi que ma carrière, mon parcours inspirera les jeunes générations… J'espère être un modèle dans ce que j'ai fait. 
Les filles savent que je vais continuer à les suivre et à supporter l'Équipe de France. Je ne coupe pas les ponts. De près ou de loin, je répondrais toujours présente pour aider. Transmettre est aussi quelque chose de très important pour moi, donc je ne sais pas encore comment, l'avenir le dira, mais je resterai toujours au service du Hockey »


 

 Quand vous avez débuté, vos parents étaient réticents nous l'avons évoqué. Aujourd'hui, si une jeune fille rêve d'une carrière de hockeyeuse, vous lui diriez quoi, à elle et à ses parents ? 

Lore Baudrit : « Je leur dirais que, mes parents ont effectivement été réticents, mais qu'au final, ils m'ont accompagné toute ma carrière et qu'ils m'ont toujours encouragée à vivre ma passion. Donc : "T'es passionnée ? T'as envie de faire ça ? Et bien, fais-le, va au bout en fait. Va au bout de ton rêve, va au bout de ce que tu as envie de faire parce que c'est ce qui t'anime !"
J'insisterais aussi sur le fait qu'il est important pour elle de faire des études à côté et de préparer son avenir. Parce que, au Hockey, non, tu ne gagneras jamais des millions pour te dire qu'après t'es tranquille pour le reste de ta vie, non ! 
Alors, en plus, moi, l'école, ce n’était pas trop mon truc à la base ! Je n’étais pas très motivée et je ne savais pas trop quoi faire. Donc à 18 ans, au lieu de faire des études, j’ai préféré trouver un petit boulot, mais c'était de la débouille.
Et c'est grâce au Hockey, qu'à 20 ans, j'ai repris mes études car pour partir jouer au Canada, dans la réputée équipe des Carabins  - qui à un super niveau de Hockey -, il fallait que je sois étudiante et à l'Université de Montréal. Et le deal pour pouvoir jouer, c'est de devoir valider tes cours. Si tu n'es pas bon à l'école, tu ne vas pas jouer, c'était aussi simple que ça. Cela a été un vrai moteur pour moi car j'ai obtenu ainsi deux masters : un premier en Marketing et Management du sport, et un second en Journalisme. 
Donc, si votre fille a envie de jouer, laissez-la essayer et choisir son chemin. 
Dans tous les cas, elle va s'épanouir car, dans tout sport collectif, on apprend le dépassement de soi, le respect, la solidarité, la persévérance, la résilience même, et le partage. Le sport est un bon environnement pour évoluer quand on est enfant et par la suite également. 
Et puis, tu partages des émotions extraordinaires ! Alors oui, quand on atteint le haut niveau, il y a les Jeux Olympiques - le rêve ultime -, mais il y a aussi tout ce que l'on vit : les stages, les matchs, les victoires, les défaites, et tout ça c'est tellement fort que …  Enfin, je veux dire que tu vis des choses que tu ne peux pas tellement vivre ailleurs. J'en ai déjà parlé avec des amies qui ont pris leur retraite et tu ne revis jamais des émotions aussi fortes que celles que l'on vit avec le Hockey. Bon, peut-être qu'avec les enfants, c'est différent, mais… Sérieusement, quand tu finis ta journée au bureau, ce n'est pas pareil que quand tu rentres dans un vestiaire ! Même si tu as eu une super belle journée, on n'est pas là à fêter la journée, à mettre à fond Gala "Freed from Desire" et à danser au milieu du bureau quoi ! (rires) C'est la vérité ! 
Voilà toutes ces choses que tu vis dans un groupe, grâce au sport.
Pour moi, l'Équipe de France, c'est une famille, j'ai des amies que je vais garder pour toute la vie. Avec mes entraîneurs, on a créé des relations extraordinaires et je pense que ce qu'on vit là : c'est beaucoup. C'est beaucoup parce qu’iI y a beaucoup de moments pendant notre carrière où on se dit qu'on se met quand même un peu, beaucoup, en difficulté financièrement pour le Hockey. 
Il y a des fois où tu es vraiment en galère et tu vois des gens à côté de toi qui ont une 'vie normale', qui partent en vacances, qu'achètent une maison… 
Et toi, tu te dis : "Punaise, mais nous à côté, on est en galère…"
Mais après tu vas aux JO, tu enchaînes avec un Championnat du Monde, tu vis des choses comme ça, incroyables, et tu te dis : "Hey, bon, allez, ça en valait la peine quand-même !" » (grand sourire)

© Lore Baudrit

 Pourriez-vous nous décrire le rythme de vie d'une hockeyeuse de haut niveau 

Lore Baudrit : « Cette saison a été un peu spécifique parce que les Jeux Olympiques nous ont ouvert pas mal d'aides financières qui ont fait en sorte que je n'ai travaillé en gros que trois mois complets et, en plus, mon boulot me permettait d'être en télétravail la plupart du temps trois jours par semaine. Donc niveau planning, j'ai un peu vécu la saison de rêve à la fois financièrement et sportivement car j'ai pu optimiser très correctement ma préparation pour les Jeux, tout en jouant au Hockey avec mon club, l'ERC Ingolstadt.
Mon quotidien était le suivant : le matin, je déposais mon fils à la garderie, puis j'allais faire mon entraînement individuel en suivant à la lettre le programme que le préparateur physique de l'Équipe de France nous envoie tout au long de l'année.
Après je rentrais chez moi, je prenais le temps de me faire à manger et de manger, puis je travaillais ou partais parfois en rendez-vous sur des événements pour lesquels j'étais sollicitée. Vers 16h, je récupérais mon fils, passais du temps avec lui. Après le dîner, c'était entraînement collectif sur la glace de 19h à 21h30. Donc ça, c'était la journée type et les weekends, c'était matchs.
Maintenant, si j'évoque mon emploi du temps en dehors de cette période 'exceptionnelle', le rythme est complètement différent : je bossais 40 heures par semaine, de 7 à 15h. J’enchaînais ensuite avec ma prépa physique. Je rentrais chez moi passer deux heures avec mon fils et je repartais en entraînement le soir pour un retour à la maison vers 22h. Voilà la vie de la plupart des hockeyeuses. »


 Comment on gère ce switch permanent entre les émotions fortes que procurent le sport et la 'normalité' du quotidien ?

Lore Baudrit : « Quand tu termines une compétition, se séparer et rentrer chez soi est très difficile. On en a déjà parlé plusieurs fois avec mes co-équipières. Par exemple, quand on passe deux semaines en Équipe de France, on vit dans une bulle, tout est organisé, planifié pour qu'on ait à se soucier de rien, excepté de notre performance. Donc, on te guide sur tout : à telle heure tu es là, tu fais ça ; le midi tu vas au repas, tout est prêt ; une réunion est prévue, tu dois y aller, etc. On vit un peu en mode 'robot', quoi. 
Et quand tu rentres chez toi… Que tu aies gagné ou que tu aies perdu - et c'est presque des fois plus dures quand tu as gagné parce que du coup t'es dans un "high" où t'es trop heureux, tu fêtes la victoire avec toute l'équipe, c'est l'euphorie, etc. - et le lendemain tout s'arrête. Tu prends ton train, tu rentres chez toi et tu te retrouves seule ou à deux. Et la transition est des fois hyper violentes. C'est dur de rentrer à la maison et de retrouver la vie normale en fait. Il y a des filles, après les Jeux, cela leur a pris deux à trois semaines pour redescendre. 
Depuis que je suis maman, cette phase de transition est devenue, pour moi, plus simple à passer. Quand je retrouve mon fils, il me ramène tout de suite à la réalité. Mes compétitions, lui, il s'en fout quoi ! (rires). Il est trop petit, il ne se rend pas compte de ce que je vis. Même s'il était à mes côtés pendant les Jeux, il n'a pas trop capté ce que l'on vivait ! Avec lui, quand on rentre à la maison, on revient tout de suite dans le quotidien. Sa présence m'a aidé à garder le pieds sur terre et à relativiser sur plein de trucs. C'est aussi grâce à lui que la transition post-hockeyeuse va être plus facile à passer je pense. Je vais me focaliser sur de nouveaux projets, ça va vite s'enchaîner et c'est bien parce que j'aime être challengée, avoir des nouveaux trucs à faire, à penser, etc. Le timing est parfait. Je suis contente. »

 

 

 

 Vous nous avez confié l'importance accordée à la prépa physique tout au long de votre carrière. Avez-vous des astuces 'confort' de 'grande' à nous partager ? 

 

Lore Baudrit : « La prépa ne fait pas tout. Les infrastructures auxquelles nous avons accès en tant qu'hockeyeuses, même semi-pros- ne sont pas encore du niveau de celles d'autres sports où les athlètes sont pros. Nous n'avons pas un kiné présent tous les jours, ni accès à un médecin du sport aussi facilement qu'il serait nécessaire. Donc, on traîne un peu des petits bobos tout le temps, mais les petites douleurs n'empêchent pas de construire une carrière. ce n'est en tout cas pas pour cette raison que je prends ma retraite. 
Après question 'astuces', c'est plus au niveau des transports. Les chaussettes de contention qui montent jusqu'aux genoux sont un incontournable. Dans les avions, si le vol dure longtemps, je me lève très souvent pour marcher pour me délier les jambes, sinon j'ai les hanches et les genoux c'est fini quoi ! Mais après, je n'ai rien mis en place de très spécifiques par rapport à ma taille. Comme tout le monde, c'est plus choses lambda comme boire de l'eau plus que d'habitude quand tu voyages et bouger, des choses comme ça. »

 Pourriez-vous nous décrire le rythme de vie d'une hockeyeuse de haut niveau 

Lore Baudrit : « Cette saison a été un peu spécifique parce que les Jeux Olympiques nous ont ouvert pas mal d'aides financières qui ont fait en sorte que je n'ai travaillé en gros que trois mois complets et, en plus, mon boulot me permettait d'être en télétravail la plupart du temps trois jours par semaine. Donc niveau planning, j'ai un peu vécu la saison de rêve à la fois financièrement et sportivement car j'ai pu optimiser très correctement ma préparation pour les Jeux, tout en jouant au Hockey avec mon club, l'ERC Ingolstadt.
Mon quotidien était le suivant : le matin, je déposais mon fils à la garderie, puis j'allais faire mon entraînement individuel en suivant à la lettre le programme que le préparateur physique de l'Équipe de France nous envoie tout au long de l'année.
Après je rentrais chez moi, je prenais le temps de me faire à manger et de manger, puis je travaillais ou partais parfois en rendez-vous sur des événements pour lesquels j'étais sollicitée. Vers 16h, je récupérais mon fils, passais du temps avec lui. Après le dîner, c'était entraînement collectif sur la glace de 19h à 21h30. Donc ça, c'était la journée type et les weekends, c'était matchs.
Maintenant, si j'évoque mon emploi du temps en dehors de cette période 'exceptionnelle', le rythme est complètement différent : je bossais 40 heures par semaine, de 7 à 15h. J’enchaînais ensuite avec ma prépa physique. Je rentrais chez moi passer deux heures avec mon fils et je repartais en entraînement le soir pour un retour à la maison vers 22h. Voilà la vie de la plupart des hockeyeuses. »


 Comment on gère ce switch permanent entre les émotions fortes que procurent le sport et la 'normalité' du quotidien ?

Lore Baudrit : « Quand tu termines une compétition, se séparer et rentrer chez soi est très difficile. On en a déjà parlé plusieurs fois avec mes co-équipières. Par exemple, quand on passe deux semaines en Équipe de France, on vit dans une bulle, tout est organisé, planifié pour qu'on ait à se soucier de rien, excepté de notre performance. Donc, on te guide sur tout : à telle heure tu es là, tu fais ça ; le midi tu vas au repas, tout est prêt ; une réunion est prévue, tu dois y aller, etc. On vit un peu en mode 'robot', quoi. 
Et quand tu rentres chez toi… Que tu aies gagné ou que tu aies perdu - et c'est presque des fois plus dures quand tu as gagné parce que du coup t'es dans un "high" où t'es trop heureux, tu fêtes la victoire avec toute l'équipe, c'est l'euphorie, etc. - et le lendemain tout s'arrête. Tu prends ton train, tu rentres chez toi et tu te retrouves seule ou à deux. Et la transition est des fois hyper violentes. C'est dur de rentrer à la maison et de retrouver la vie normale en fait. Il y a des filles, après les Jeux, cela leur a pris deux à trois semaines pour redescendre. 
Depuis que je suis maman, cette phase de transition est devenue, pour moi, plus simple à passer. Quand je retrouve mon fils, il me ramène tout de suite à la réalité. Mes compétitions, lui, il s'en fout quoi ! (rires). Il est trop petit, il ne se rend pas compte de ce que je vis. Même s'il était à mes côtés pendant les Jeux, il n'a pas trop capté ce que l'on vivait ! Avec lui, quand on rentre à la maison, on revient tout de suite dans le quotidien. Sa présence m'a aidé à garder le pieds sur terre et à relativiser sur plein de trucs. C'est aussi grâce à lui que la transition post-hockeyeuse va être plus facile à passer je pense. Je vais me focaliser sur de nouveaux projets, ça va vite s'enchaîner et c'est bien parce que j'aime être challengée, avoir des nouveaux trucs à faire, à penser, etc. Le timing est parfait. Je suis contente. »

 

 

 

 Vous nous avez confié l'importance accordée à la prépa physique tout au long de votre carrière. Avez-vous des astuces 'confort' de 'grande' à nous partager ? 

 

Lore Baudrit : « La prépa ne fait pas tout. Les infrastructures auxquelles nous avons accès en tant qu'hockeyeuses, même semi-pros- ne sont pas encore du niveau de celles d'autres sports où les athlètes sont pros. Nous n'avons pas un kiné présent tous les jours, ni accès à un médecin du sport aussi facilement qu'il serait nécessaire. Donc, on traîne un peu des petits bobos tout le temps, mais les petites douleurs n'empêchent pas de construire une carrière. ce n'est en tout cas pas pour cette raison que je prends ma retraite. 
Après question 'astuces', c'est plus au niveau des transports. Les chaussettes de contention qui montent jusqu'aux genoux sont un incontournable. Dans les avions, si le vol dure longtemps, je me lève très souvent pour marcher pour me délier les jambes, sinon j'ai les hanches et les genoux c'est fini quoi ! Mais après, je n'ai rien mis en place de très spécifiques par rapport à ma taille. Comme tout le monde, c'est plus choses lambda comme boire de l'eau plus que d'habitude quand tu voyages et bouger, des choses comme ça. »

1MÊTRE90 suit de près l'actualité de Lore et tient régulièrement à jour les informations de sa page dédiée à son parcours, palmarès et actualité : 

Lore publie ses moments de vie pro et quelquefois perso sur son compte Instagram qu'1MÊTRE90 vous invite à suivre !

 remerciements 

1MÊTRE90 remercie Lore Baudrit d'avoir accepté cette interview.


1MÊTRE90 remercie également pour leur collaboration et leur aurorisation de libre exploitation des photographies de Lore : 

• la Fédération Française de Hockey sur Glace
 
https://www.
hockeyfrance.com

• Héloïse Appourchaux
  https://www.instagram.com/alittlebetterthanadream

 

• Xavier Lainé

  https://www.instagram.com/fullxav

 

• Antoine Touchard
  https://www.instagram.com/antoine_tchrd/

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